Novak Djokovic a atterri à Paris avec un bagage lourd côté corps : il n’avait disputé qu’un seul match sur terre avant Roland-Garros 2026. Entre une épaule qui reste présente à l’entraînement et des préparatifs jugés insuffisants, la question n’était plus “peut-il gagner ?”, mais “peut-il tenir” jusqu’au bout.
La compétition a débuté le dimanche 24 mai, avec un tirage annoncé pour la journée précédente. Et dès les premières séances à Paris, l’alerte n’a pas disparu : Djokovic a travaillé avec Alexander Zverev puis avec Marin Cilic, tout en laissant planer un doute sur son état physique.
Un seul match sur terre avant Paris
Le Serbe n’a pas eu le rythme qu’il aurait voulu sur la surface qui compte le plus à Roland-Garros. Après une pause de deux mois, il a rejoué à Rome, et le constat a été immédiat : face à Dino Prizmic, il a perdu 6-2 2-6 4-6. Dans le même tournoi, ce qui devait servir de préparation a surtout rappelé qu’il gérait encore des problèmes physiques.
Ensuite, au Foro Italico, Djokovic a annoncé qu’il ne jouerait plus avant le début de Roland-Garros. L’idée était claire : réduire la charge, préserver la marge, éviter d’en rajouter. Sur le papier, c’était un choix de gestion. En pratique, il a aussi retardé l’exposition au rythme “terre” avant l’échéance majeure.
Épaule : l’entraînement a confirmé les inquiétudes
À Paris, les signes ont continué de ressortir. Les supporters ont remarqué que la gêne à l’épaule était toujours là, celle qui l’avait fait manquer Miami, Monte-Carlo et Madrid. Une blessure “ancienne” mais jamais vraiment réglée, c’est souvent là que le mental se met en tension : on sait qu’on peut jouer, mais on ne sait pas combien de temps on peut le faire au bon niveau.
Dans une séance avec Marin Cilic, le problème a semblé particulièrement visible. Et ce détail compte : quand la préparation ressemble à une navigation entre les douleurs, le tournoi devient une suite de décisions, match après match, pour ne pas basculer trop tôt.
Ce que disent ses mots en conférence
En conférence de presse, Djokovic a mis des mots sur sa frustration. Il a expliqué que c’était difficile de traverser ces moments physiques compliqués, tout en confirmant qu’il avait choisi de se présenter avec un optimisme intact. Il a aussi admis qu’il se sentait “à un demi-pas” derrière, en indiquant qu’il savait ce qui lui manquait pour être exactement là où il veut être.
Autre point : il a reconnu que la préparation n’avait pas été idéale. Quand un joueur de ce niveau dit ça à l’approche d’un Grand Chelem, le message n’est pas “je suis prêt”. C’est “je vais devoir composer”. Et sur le tableau principal, il faut composer longtemps.
Viktor Troicki : un choix d’encadrement pour stabiliser
À côté du physique, il y a eu un autre changement : l’arrivée de Viktor Troicki dans l’équipe. Djokovic a confirmé la nouvelle sur Instagram, avec le message de bienvenue adressé à “mon ami, coéquipier et désormais coach”. Troicki a déjà travaillé avec Hamad Medjedovic, ce qui donne une combinaison intéressante : un œil familiarisé avec les exigences du haut niveau, et un rôle pensé pour aider à gérer les jours compliqués.
Dans ce genre de configuration, l’objectif n’est pas de “réinventer” le tennis. Il est de sécuriser l’exécution quand le corps impose des limites.
Pour la suite, Djokovic devra d’abord composer avec son prochain adversaire sur le tableau principal de Roland-Garros 2026, au lendemain du tirage. Le point clé, ce n’était pas seulement de gagner : c’était d’atteindre les tours suivants avec une épaule qui ne le lâcherait pas. Et à ce stade, chaque match devient un test de tenue plus qu’un test de vitesse.




