Novak Djokovic a utilisé sa conférence de presse à Wimbledon pour remettre sur la table l’un des choix de programmation les plus discutés du circuit : l’extension des Masters 1000 sur deux semaines. Le Serbe a jugé que cette réforme a surtout profité aux organisateurs, au détriment des joueurs, et a plaidé pour une refonte plus large de l’ATP et des règles qui encadrent le calendrier.
La question n’était donc pas centrée sur sa seule campagne à Wimbledon, mais sur le fonctionnement global du circuit. Djokovic a rappelé qu’il s’était opposé dès le départ à ce format lorsqu’il siégeait au sein du conseil des joueurs de l’ATP, estimant que la saison entre janvier et novembre devenait trop lourde. Novak Djokovic a aussi souligné le manque de cohérence entre les organismes qui gouvernent le tennis.
Un calendrier trop chargé, selon Djokovic
Dans ses propos, le n°8 mondial a pointé l’encombrement du calendrier et la logique des longues semaines de compétition. Selon lui, les Masters 1000 sur deux semaines obligent les joueurs à rester plus longtemps loin de leur domicile, tout en augmentant les contraintes physiques et mentales liées à la saison. Le raisonnement est simple : plus on étire les événements, plus on multiplie les jours de compétition, et plus la récupération devient un enjeu permanent.
Djokovic a aussi mis en avant un autre problème : l’absence d’unité dans la gouvernance du tennis. Il a appelé à une coordination réelle entre les instances, afin que les réformes ne soient pas pensées uniquement pour l’instant présent, mais pour les générations à venir. Il a insisté sur le fait que les Grand Chelem restent le socle du tennis professionnel, tout en jugeant que l’ATP et le circuit féminin devaient réexaminer certains formats et éléments de calendrier.
Deux semaines : un gain surtout pour les organisateurs
Le Serbe est revenu sur une décision majeure introduite récemment : l’extension de plusieurs Masters 1000 vers un format de deux semaines. Il a rappelé que, hors Monte-Carlo et Paris, les autres tournois ont basculé vers cette durée plus longue. Dans son argumentaire, l’objectif annoncé n’était pas contesté en façade, mais le bénéfice réel l’était. Il a estimé que l’allongement sert d’abord les intérêts des propriétaires de tournois.
Djokovic a expliqué que les jours supplémentaires génèrent des recettes additionnelles, et qu’une grande partie de ces revenus est réinvestie dans des infrastructures détenues par les organisateurs. Dans sa lecture, ces équipements renforcent ensuite la position des organisateurs lors des discussions futures sur le partage des revenus. En face, les joueurs ne touchent qu’une part limitée des gains directement pendant la période de compétition.
Une opposition sans pouvoir d’empêcher la réforme
Djokovic a reconnu qu’il n’avait pas eu suffisamment d’influence pour bloquer l’accord une fois validé. Le point est important : il n’a pas présenté son opposition comme un veto qui aurait été refusé au dernier moment. Il a plutôt décrit un rapport de force défavorable lors du processus de décision, où l’aval institutionnel a fini par l’emporter.
En mettant les mots sur ce qu’il a combattu, il a aussi clarifié son objectif : laisser un tennis plus sain aux jeunes générations. La logique n’était pas seulement sportive, elle était aussi liée à l’attractivité du produit. Djokovic a, enfin, insisté sur le besoin d’une refonte à grande échelle, citant le fonctionnement interne des organisations et le niveau de conflits entre elles.
La suite se joue sur un autre terrain : le prochain adversaire de Novak Djokovic à Wimbledon et la date de son prochain match détermineront la suite immédiate de sa campagne sur gazon. Mais, en parallèle, le dossier qu’il a rouvert reste le même : la programmation sur plusieurs semaines et ses conséquences sur la charge du circuit, alors que l’ATP et les circuits doivent encore arbitrer des points à venir dans leur calendrier.




