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Agassi : l'ombre discrète qui guide encore le circuit

Vingt ans après sa retraite, Andre Agassi continue d'aider des joueurs dans l'ombre, mais refuse toujours un rôle de coach officiel. L'Américain de 55 ans explique pourquoi la distance peut être un avantage.

Adam Hartley
24 février 2026
3 min
Agassi : l'ombre discrète qui guide encore le circuit

Vingt ans après sa retraite, Andre Agassi n'a pas coupé les ponts avec le tennis. L'Américain de 55 ans continue d'aider des joueurs en coulisses, mais refuse toujours un rôle de coach à temps plein. Un choix assumé, qu'il a expliqué dans une interview au podcast New Balls Please.

Une aide réelle, mais discrète

Ce que la plupart des gens ignorent, c'est qu'Andre Agassi n'a jamais vraiment décroché. Il conseille des joueurs, échange, oriente — sans que les caméras soient là pour le filmer. Il tient à ce flou. Ce n'est pas de la modestie, c'est une position réfléchie.

Dans l'interview, il fut direct sur le sujet. Le coaching au sens classique du terme — les déplacements, la présence quotidienne, la disponibilité permanente — ne correspond pas à ce qu'il veut donner aujourd'hui.

"I do a lot of helping that people don't know, when it comes to players. [...] I even make the argument that sometimes you can be more help from a distance, as you can become a sense of reason and objectivity."

C'est là que ça se joue, au fond : Agassi défend l'idée que la distance peut être un avantage. Pas un désengagement — une forme de recul qui permet d'apporter de la perspective quand un joueur est trop dans le feu de l'action pour voir clairement.

Le coaching à plein temps : un engagement qu'il refuse

Sa seule incursion formelle dans le coaching remonte à 2017, avec Novak Djokovic. Une collaboration qui ne dura pas, en raison de divergences entre les deux hommes. Depuis, Agassi n'a pas renoué avec un rôle officiel de ce type.

Ce n'est pas un hasard. Entraîner un joueur du circuit, c'est s'embarquer dans un calendrier de onze mois, gérer les baisses de forme, les défaites, les doutes à deux heures du matin dans une chambre d'hôtel quelque part entre Dubaï et Miami. Agassi connaît ce monde de l'intérieur — il y a passé deux décennies. Il sait exactement ce que le rôle exige. Et il a choisi de ne pas y revenir à plein temps.

La question qui se pose maintenant, c'est de savoir si cette posture est durable. Le tennis évolue, les joueurs cherchent des profils capables de comprendre à la fois la technique et la tête. Un homme avec 60 titres en carrière et un bilan de 872 victoires pour 275 défaites a forcément des choses à transmettre. Mais il doit vouloir le faire.

Capitaine à la Laver Cup : un retour sur le devant de la scène

L'an dernier, Agassi accepta pourtant une responsabilité visible : celle de capitaine de la Team World à la Laver Cup. Son équipe l'emporta sur l'équipe européenne sur le score de 15 à 9. Un succès collectif, dans lequel plusieurs joueurs lui attribuèrent une part significative.

Ce format lui convient mieux. Une semaine intense, un groupe à fédérer, des conseils à dispenser dans un cadre limité dans le temps. Pas un engagement sur la durée, mais une implication réelle. Les retours des joueurs présents furent éloquents : ils revinrent chaque jour chercher son regard, ses analyses, son expérience.

C'est peut-être là que réside le bon équilibre pour Agassi — des interventions ponctuelles, à haute valeur ajoutée, sans la contrainte d'un contrat annuel.

Un statut à part sur le circuit

Agassi occupe aujourd'hui une place singulière dans l'écosystème du tennis. Ni consultant officiel, ni entraîneur, ni simple spectateur. Il circule dans les marges du circuit, disponible pour ceux qui viennent le chercher, sans s'imposer.

Cette posture a ses limites. L'aide informelle, par définition, ne s'inscrit pas dans un plan de développement structuré. Elle dépend du bon vouloir des deux parties, de la relation de confiance, du moment. Elle peut être décisive pour un joueur traversant une crise passagère. Elle ne remplace pas un travail de fond sur plusieurs mois.

Agassi le sait mieux que quiconque. Il ne prétend pas combler ce vide. Il offre ce qu'il peut donner, dans les conditions qu'il choisit. Pour le reste, aux joueurs de trouver leur propre chemin — ce qu'il appelle, dans ses propres mots, leur "north star".

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