Une rumeur a brièvement circulé ce week-end : Kei Nishikori aurait annoncé aux organisateurs du Challenger de Sarasota que le tournoi serait le dernier de sa carrière. Son agent a rapidement démenti l'information, confirmant au journaliste José Morgado que le Japonais n'avait pas l'intention de raccrocher à Sarasota.
Une rumeur démentie en quelques heures
Le samedi 4 avril, la nouvelle se répandit rapidement sur les réseaux : Kei Nishikori, 36 ans, aurait informé les organisateurs du Challenger floridien de sa décision de mettre un terme à sa carrière professionnelle à l'issue du tournoi. L'information surprit d'autant plus que le Japon est lui-même organisateur de tournois ATP et Challenger — l'idée que son joueur le plus emblématique de ces vingt dernières années tire sa révérence dans un Challenger américain avait de quoi interpeller.
Le journaliste José Morgado fut l'un des premiers à relayer la nouvelle, non sans signaler que le choix de Sarasota paraissait étrange. Quelques heures plus tard, il fut également le premier à diffuser le démenti : l'agent de Nishikori lui confirma que le joueur ne prendrait pas sa retraite lors de ce tournoi.
Un homme qui a déjà regardé la retraite en face
Pour comprendre pourquoi la rumeur a trouvé un écho aussi rapide, il faut replacer Nishikori dans le contexte de ces dernières années. Les blessures au coude et à la hanche l'ont privé d'un tennis proche de son meilleur niveau, et la question de l'arrêt s'est posée à plusieurs reprises dans son entourage comme dans sa propre tête.
En décembre dernier, il s'en était ouvert à la presse japonaise avec une franchise désarmante :
« J'ai pensé à la retraite pour la première fois l'année dernière. Après Cincinnati, j'y ai sérieusement réfléchi. [...] Mais j'ai décidé de continuer... En partie par fierté. Et j'ai toujours le sentiment que mon talent est trop grand pour finir comme ça. »
Ce qui frappe, c'est la lucidité avec laquelle il décrit sa situation : il ne se berce pas d'illusions sur ce que son corps lui impose, mais refuse de laisser la blessure avoir le dernier mot. Pour un joueur qui a frôlé le titre en Grand Chelem et atteint le sommet de la hiérarchie mondiale, mettre fin à sa carrière sur une série d'abandons et de forfaits serait une conclusion difficile à accepter.
Un retour par les Challengers, classé 417e mondial
En 2026, Nishikori a fait le choix de revenir par la voie des Challengers. Il a participé aux tournois de Canberra et de Cherbourg, où il fut éliminé au premier tour, puis atteignit le deuxième tour du Challenger de Thionville en passant par les qualifications. Il pointe actuellement au 417e rang mondial.
Ce parcours dit quelque chose sur l'état d'esprit d'un joueur qui accepte de renouer avec les étages inférieurs du circuit pour retrouver des sensations et du temps de jeu, loin de la lumière des grands tableaux qu'il a longtemps fréquentés. Ce n'est pas une démarche anodine à 36 ans, après une carrière au plus haut niveau.
Sarasota, premier tour contre Kicker
Au lieu d'une conférence de presse d'adieu, Nishikori disputera donc un premier tour ordinaire de Challenger contre l'Argentin Nicolas Kicker. Un match, un filet, une balle. Rien d'autre n'est annoncé pour le moment.
La question de la retraite n'est pas close pour autant — Nishikori lui-même l'a dit en décembre. Mais elle se posera ailleurs, à un autre moment, et vraisemblablement dans d'autres circonstances que celles d'un Challenger à Sarasota un samedi d'avril. Pour l'heure, le Japonais continue. Et c'est lui qui en a décidé ainsi.



