Kei Nishikori a manqué l'Open d'Australie pour le quatrième Grand Chelem consécutif. La raison est la même depuis plusieurs mois : une blessure à l'épaule qui l'a contraint à une interruption de presque deux mois. Le Japonais, actuellement 284e mondial, a expliqué sa situation dans une interview accordée à L'Équipe.
Une absence de plus à Melbourne
Kei Nishikori était pourtant inscrit dans le tableau des qualifications à Melbourne. Il se retira quelques heures seulement avant le début de son premier match. Une décision douloureuse pour un joueur qui enchaîne les pépins physiques depuis plusieurs saisons.
L'épaule reste le point faible. C'est cette même zone du corps qui lui a coûté des mois de compétition, et qui l'a encore empêché de jouer en France dans les semaines précédant l'Open d'Australie. Il avait envisagé de disputer deux tournois Challenger, à Lille et à Saint-Brieuc, mais le délai de récupération se révéla insuffisant.
« Je me suis blessé à l'épaule et j'ai dû récupérer pendant presque deux mois. J'avais prévu de rejouer en France lors des deux dernières semaines [...] mais c'était encore trop tôt et je n'ai pas pu. »
Le Challenger comme terrain de réadaptation
Pour retrouver de la compétition, Nishikori s'est tourné vers le circuit Challenger. Il y a remporté ses deux matchs de qualification, ce qui lui a permis d'accéder au tableau principal. Une étape concrète dans sa reprise, même si le Japonais reconnaissait ne pas être encore à son meilleur niveau physiquement.
Ses muscles n'étaient pas pleinement adaptés à l'effort, et il ressentait encore quelques raideurs. Le message était clair : il faut du temps pour que le corps retrouve ses automatismes après une longue absence. C'est un aspect souvent sous-estimé dans les retours de blessure à ce niveau — la disponibilité physique ne signifie pas la disponibilité compétitive.
Sa préférence pour les Challengers lors des périodes de reprise est assumée. Selon lui, ces tournois lui permettent de retrouver le rythme match progressivement, sans l'exposition brutale d'un ATP 250 où une défaite au premier tour peut remettre en question tout le processus de reconstruction.
Un chemin encore long vers les sommets
À 284e mondial, Nishikori part de loin. Ses cinq derniers résultats sur le circuit sont cinq défaites, face à Carabelli (à deux reprises), Vukic, Krueger et Alcaraz, ce qui témoigne des difficultés rencontrées pour enchaîner des matchs à un niveau suffisant. La victoire dans les qualifications du Challenger marque donc un point d'appui concret, même modeste.
Le défi tactique est réel : retrouver de la fluidité dans le jeu demande de la répétition. À 36 ans, avec une épaule qui impose des contraintes, chaque match compte comme un indicateur. Le chemin vers le top 100 implique de s'installer dans le rythme semaine après semaine, sans forcer le retour avant d'être prêt.
Nishikori a indiqué vouloir démontrer sur le reste de la saison 2026 qu'il peut encore rivaliser à haut niveau. La suite de son programme n'est pas encore connue, mais la logique de sa reprise — du Challenger vers l'ATP — dessine une progression par étapes. Chaque tournoi sera un test supplémentaire avant d'envisager un retour dans les grands tableaux des Masters 1000 ou des Grands Chelems.




