Lorenzo Musetti entame son tournoi de Monte-Carlo avec un statut et une pression que peu d'Italiens ont connus sur terre battue. Finaliste l'an passé dans la Principauté, il aborde cette édition 2026 avec plusieurs semaines d'inactivité dans les jambes — et des points majeurs à défendre dès le premier tour.
Une blessure qui a tout changé
Lorenzo Musetti revenait de l'Open d'Australie avec une promesse brisée. Mené deux sets à zéro contre Novak Djokovic en quarts de finale, il dut abandonner sur blessure à l'adducteur à 3-1 dans le troisième set (4-6, 3-6, 3-1). Un arrêt net, brutal, au pire moment.
Le retour à la compétition fut difficile. À Indian Wells, il s'inclina dès le premier tour face à Marton Fucsovics sur le score de 7-5, 6-1 (c'est-à-dire qu'il perdit 7-5, 6-1). Puis vint la décision de déclarer forfait à Miami, quelques jours à peine avant son entrée en lice. Pas par caprice : par lucidité sur un corps pas encore prêt.
Ce choix de sauter Miami pour préparer la terre battue mérite qu'on s'y arrête. Enchaîner un Masters 1000 sur dur en état physique incertain, c'est prendre le risque d'une rechute et de perdre plusieurs semaines supplémentaires. Musetti a tranché en faveur de la préparation longue. La question qui se pose maintenant, c'est si dix jours d'entraînement suffisent à retrouver le rythme du match.
Monte-Carlo, le tournoi où tout avait basculé en 2025
L'an passé, la Principauté avait été le déclencheur. Une finale atteinte, une performance de haut niveau contre Carlos Alcaraz avant que la blessure ne stoppe son élan dans le dernier acte. Ce résultat lui avait ouvert les portes du Top 10, puis du Top 5 en début 2026.
Aujourd'hui, ce même parcours se retourne contre lui. Les points engrangés en 2025 sont désormais à défendre. Chaque victoire n'est plus un gain pur : c'est d'abord une protection de son classement actuel. Et pour un joueur qui sort d'une longue parenthèse médicale, le contexte est évidemment plus délicat.
Musetti en a conscience. En conférence de presse avant son entrée en lice, il a choisi la transparence :
« La décision de sauter Miami n'était pas facile, mais c'était juste de travailler dur pour bien commencer la saison sur terre. J'ai besoin de jouer le plus de matchs possible pour retrouver les sensations idéales. »
Vacherot, un premier tour piégeux à domicile
Pour son deuxième tour, l'Italien affrontera Valentin Vacherot, idole locale dans la Principauté. Le Monégasque, 27 ans et 23e mondial, n'est pas un adversaire à prendre à la légère sur sa surface de prédilection. Il a notamment battu Berrettini et Cerundolo lors de ses derniers matchs joués.
Pour Musetti, ce deuxième tour ressemble à un test autant physique que mental. Jouer à Monte-Carlo, où il est connu et attendu, sans avoir la certitude d'être à 100 % : c'est là que ça se joue. Répondre présent d'entrée serait le meilleur des signaux — pour son classement, et pour la suite d'une saison sur terre qu'il a construite autour de ce rendez-vous.
Si l'Italien passe ce premier obstacle face à Vacherot, il devra enchaîner les matchs pour retrouver le niveau qui était le sien en finale l'an passé. Le tournoi de Monte-Carlo s'étend jusqu'au 20 avril, et le calendrier ne pardonne pas : Roland-Garros pointe déjà à l'horizon, avec des points à défendre là aussi.




