Interview

Monte-Carlo : Fognini réagit au 6-0 6-0 de Medvedev

Battu 6-0 6-0 par Matteo Berrettini en 49 minutes au deuxième tour de Monte-Carlo, Daniil Medvedev a connu une élimination aussi brutale qu'inattendue. Fabio Fognini a réagi sur Instagram, soulignant l'écart saisissant avec le début de saison du Russe.

Camille Lefèvre
10 avril 2026
3 min
Monte-Carlo : Fognini réagit au 6-0 6-0 de Medvedev

Le deuxième tour du Masters 1000 de Monte-Carlo restera dans les mémoires pour une raison que personne n'anticipait : Daniil Medvedev, numéro 10 mondial, s'est incliné 6-0 6-0 face à Matteo Berrettini, en 49 minutes à peine. Une défaite qui a immédiatement suscité des réactions au-delà du circuit. Parmi elles, celle de Fabio Fognini, ancien neuvième joueur mondial et habitué de la principauté.

49 minutes et un double 6-0 : l'anomalie de la journée

Medvedev avait abordé la saison sur terre battue avec un capital confiance rarement atteint ces dernières années. Vainqueur à Brisbane et à Dubaï, il avait ensuite atteint la finale à Indian Wells, battant Carlos Alcaraz en demi-finale avant de s'incliner face à Jannik Sinner en deux tie-breaks serrés, sans concéder le moindre break. L'entrée en matière à Monte-Carlo aurait dû prolonger cette dynamique. Ce fut l'inverse.

Sur le court, le Russe n'a pas existé. Un double 6-0 en moins d'une heure, une raquette brisée, un langage corporel qui en disait long sur son état d'esprit : rien ne fonctionnait. Berrettini, lui, a joué à un niveau que le résultat suffit à qualifier.

Fognini, témoin lucide d'une soirée paradoxale

C'est via son compte Instagram que Fognini a pris la parole. L'Italien, qui connaît Monte-Carlo mieux que quiconque, a souligné l'absurdité du contraste entre le début de saison de Medvedev et ce premier match sur ocre.

« On parle d'un Medvedev qui arrivait après un début de saison incroyable. Il avait changé, il avait gagné Brisbane, il avait gagné Dubaï. Il a fait la demi-finale [à Indian Wells] en battant Carlos Alcaraz, puis la finale contre Jannik Sinner, 7-6, 7-6. Et ensuite il perd en 49 minutes contre un Matteo qui a joué incroyablement bien — on est tous contents. »

Ce qui frappe, c'est la précision avec laquelle Fognini décrit le paradoxe : un joueur au sommet de sa forme en début de saison, réduit à néant sur une surface en l'espace d'un match. L'Italien n'esquive pas la réalité, il la nomme.

La terre battue, surface à part entière pour Medvedev

Le rapport de Medvedev avec l'ocre est documenté depuis longtemps, et le Russe lui-même ne s'en est jamais caché. La surface ne correspond pas naturellement à son jeu, même s'il avait décroché un titre à Rome lors d'une précédente saison. Monte-Carlo, avec ses rebonds hauts et ses échanges physiques prolongés, représente chaque année un défi particulier pour lui.

Cette élimination au deuxième tour ne remet pas en cause les résultats enregistrés sur les surfaces rapides en début d'année. Elle rappelle simplement que la transition vers la terre battue ne s'opère pas automatiquement, même pour un joueur en pleine possession de ses moyens par ailleurs.

La suite de la saison sur terre, une question ouverte

Après Monte-Carlo, la saison sur ocre se poursuit avec les tournois de Barcelone, Madrid et Rome avant Roland-Garros. Pour Medvedev, ces semaines représentent autant d'occasions de retrouver ses repères sur cette surface — ou de confirmer que l'anomalie de Monte-Carlo n'était pas un accident isolé. Les points à défendre sur cette période seront limités, ce qui laisse une marge de manœuvre, mais les questions posées par ce 6-0 6-0 méritent des réponses concrètes sur le court.

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