Daniil Medvedev entame ce lundi son tournoi de Monte-Carlo contre Matteo Berrettini, avec en toile de fond une question qui revient chaque printemps : le Russe peut-il vraiment performer sur terre battue ? Le désormais 10e joueur mondial aborde la saison sur ocre avec lucidité, sans illusions particulières sur une surface qui n'a jamais été son terrain de prédilection.
Une victoire à Rome, mais des doutes qui persistent
Daniil Medvedev a pourtant offert un contre-exemple retentissant à ceux qui l'avaient définitivement écarté des discussions sur terre battue : en 2023, il remporta le Masters 1000 de Rome dans des conditions que personne n'anticipait. Un titre qui fit date, mais qui n'efface pas une réalité tenace — son jeu, fondé sur la vitesse de balle et les échanges à plat, s'accommode mal des rebonds lents et hauts de la terre.
Le Moscovite ne cherche pas à fuir ce constat. Devant les journalistes à Monaco, il formula sa pensée avec ce mélange de franchise et d'autodérision qui le caractérise.
« J'ai appris à mieux jouer sur terre ces dernières années. Je comprends mieux le jeu, donc il n'y a rien à dire. Je ne pense pas que quelqu'un au monde puisse me dire quelque chose sur le jeu sur terre qui me ferait dire 'Wow, comment je ne l'ai pas su avant ?'. Maintenant, je vais être comme Rafa Nadal à Roland-Garros. »
Le ton est celui d'un joueur qui connaît ses limites, et qui les assume.
Indian Wells comme dernière référence
Avant d'aborder la saison sur terre, Medvedev a laissé une empreinte notable à Indian Wells. En Californie, il écarta Carlos Alcaraz en demi-finale — infligeant au numéro un mondial sa première défaite de la saison — avant de buter en finale contre Jannik Sinner, dans un match disputé jusqu'au bout, perdu en deux tie-breaks.
Ce résultat reste la référence immédiate avant d'attaquer Monte-Carlo. Sur dur, Medvedev retrouva ses repères et put s'exprimer dans le registre qui lui convient. Le passage à l'ocre marque, comme chaque année, un changement de paradigme.
Berrettini en travers de la route dès le premier tour
L'adversaire du premier tour n'est pas anodin. Matteo Berrettini, qui a accédé au tableau principal après le forfait de Roberto Bautista Agut en cours de match (l'Espagnol ne put disputer que quatre jeux), est un joueur taillé pour la surface. Son service massif et sa frappe de coup droit, particulièrement lourd, sont des armes redoutables sur la terre monégasque.
Medvedev mène trois victoires à zéro dans leurs confrontations directes, mais aucun de ces matchs ne s'est joué sur terre battue. Ce premier tour ouvre donc un chapitre inédit entre les deux hommes. Depuis les tribunes de Monte-Carlo, le duel promet d'être physique : la puissance de Berrettini contre la précision et la lecture de jeu du Russe.
On l'a vu à son langage corporel lors des conférences de presse de la semaine : Medvedev n'arrive pas à Monaco en conquérant. Il arrive en joueur qui teste, qui s'adapte, et qui sait pertinemment que chaque tour gagné ici représente un effort supplémentaire par rapport à ce qu'il fournit sur surface dure.
Un tournoi pour construire, pas pour confirmer
La saison sur terre battue s'étend jusqu'à Roland-Garros début juin, et Monte-Carlo en constitue le premier grand test. Pour Medvedev, l'objectif n'est pas tant le titre que la progression dans le tableau et la mise en rythme avant Rome et Paris. Son match face à Berrettini donnera le ton : une victoire l'amènerait à affronter des adversaires potentiellement mieux armés sur cette surface au fil des tours. La route est étroite, mais le Russe en a vu d'autres.




