Quatre ans après sa défaite en finale de Wimbledon face à Novak Djokovic, Nick Kyrgios reconnaît que la blessure n'a pas cicatrisé. Dans une émission qu'il anime, l'Australien a livré une confidence rare sur ce match et sur ce qu'il représente encore à ses yeux.
Une finale qui ne passe pas
C'était en juillet 2022. Nick Kyrgios disputait la première finale de Grand Chelem de sa carrière, à Wimbledon, face à Novak Djokovic — qui n'avait pas perdu une seule rencontre à Wimbledon depuis 2017. L'Australien prit le premier set, se retrouva à deux manches de quelque chose d'immense. Djokovic finit par s'imposer 4-6, 6-3, 6-4, 7-6(3), remontant un set de retard pour conserver son titre.
Ce jour-là ne semble pas appartenir au passé pour Kyrgios. Dans son émission Good Trouble, en présence de la légende NBA Allen Iverson, il a choisi d'en parler sans filtre.
« J'ai joué la finale de Wimbledon il y a quelques années, contre Novak Djokovic. J'ai gagné le premier set, j'étais là, à deux sets de devenir immortel dans ce sport. J'y pense chaque jour, ça me dérange encore, et on me pose encore la question »
La confidence va plus loin que le simple regret sportif. Kyrgios a articulé, avec une lucidité assez crue, ce que représente un Grand Chelem dans la mémoire collective du tennis.
Le poids du Grand Chelem
Ce qui frappe, c'est la façon dont Kyrgios formule l'enjeu — non pas comme une ambition personnelle, mais comme une condition d'existence dans l'histoire du sport. Il expliqua à Iverson qu'une belle saison ne suffit pas : sans Grand Chelem, on est oublié. « J'étais là, et je n'en ai pas profité », ajouta-t-il, avant de reconnaître qu'il ne savait pas si l'opportunité se représenterait.
À 30 ans, cette interrogation n'est pas rhétorique. Depuis cette finale de 2022 et un quart de finale à l'US Open quelques mois plus tard, Kyrgios a été freiné par de sérieuses blessures au genou et au poignet. Sa présence sur le circuit est restée très limitée ces trois dernières années. En 2025, il n'a disputé qu'un seul match en simple, une défaite au premier tour à Brisbane face à Aleksandar Kovacevic.
Un retour à construire sur gazon
La trajectoire de Kyrgios reste suspendue à sa santé. D'après les informations disponibles, il devrait faire l'impasse sur toute la saison sur terre battue et ne reprendre la compétition qu'au moment de la tournée sur gazon — une surface sur laquelle il a toujours été à l'aise, et où sa finale de Wimbledon reste la référence absolue de sa carrière.
Ce retour programmé sur herbe prendra une résonance particulière. Wimbledon sera à nouveau là, avec ce qu'il représente pour lui. La question n'est plus seulement de savoir s'il sera physiquement prêt, mais aussi ce qu'il fera de ce tournoi qui continue, manifestement, de l'habiter.




