Interview

Juan Carlos Ferrero regrette surtout l’attitude d’Alcaraz

Juan Carlos Ferrero a évoqué avec émotion sa séparation d’avec Carlos Alcaraz. Il a surtout regretté l’attitude agressive du numéro 2, toujours souriant sur le court.

Lena Kovac
5 juin 2026
4 min
Juan Carlos Ferrero regrette surtout l’attitude d’Alcaraz

Près de sept ans de collaboration ont pris fin en décembre dernier : Juan Carlos Ferrero a évoqué, avec un mélange de fierté et de tristesse, ce qu’il lui manquait le plus chez Carlos Alcaraz. Depuis les tribunes et les zones mixtes, on a surtout retenu une image : celle d’un joueur qui, même sous pression, abordait chaque échange avec une attitude agressive et un sourire visible.

Juan Carlos Ferrero a reconnu que parler de leur parcours commun restait chargé d’émotion, après une séparation intervenue il y a environ sept mois. Ferrero a rappelé qu’il avait accompagné Alcaraz depuis ses 15 ans, en observant de près le passage d’un adolescent prometteur à une figure centrale du tennis masculin. À son langage corporel, dans ses mots, il y avait ce contraste : la fierté d’avoir vu grandir un champion, et la nostalgie d’un quotidien qui ne reviendrait plus.

Une présence qui changeait l’atmosphère

Ce que Ferrero a décrit comme le plus marquant, ce n’était ni une formule, ni une méthode figée. C’était la présence d’Alcaraz sur le court, cette façon d’imposer un tempo dès les premiers coups. Ferrero a pointé son style offensif, mais aussi un détail qui frappait : son sourire, presque constant, même quand l’échange s’allongeait et que la tension montait. Dans les tribunes, on voyait déjà l’effet : les supporters ne regardaient pas seulement les points, ils suivaient l’attitude.

Le coach a aussi rappelé que son rôle dépassait la collection de trophées. Il a parlé de l’expérience d’observer un joueur évoluer vers des niveaux qu’il n’avait pas imaginés au départ. Et quand il a évoqué le temps passé, il a insisté sur l’épaisseur des souvenirs : chaque étape, chaque bascule, chaque moment où l’on sentait que quelque chose s’écrivait au présent.

Dans ce même registre, il a replacé leur relation dans une chronologie précise : ils ont travaillé ensemble depuis l’âge de 15 ans, et Ferrero a vu Alcaraz s’installer au sommet. Alcaraz, classé #2, a déjà atteint #1 dans sa carrière, tandis que Ferrero, âgé de 46 ans, a gardé en tête la progression d’un joueur droitier devenu une référence.

« On avait le sentiment de faire l’histoire »

Ferrero a livré l’image la plus révélatrice : avec Alcaraz, il avait souvent l’impression de participer à un chapitre majeur du tennis. Dans ses propos, il a relié ce sentiment aux étapes qui ont jalonné leur route, notamment les victoires qui ont marqué l’année 2021 et le premier titre majeur obtenu dès l’année suivante. Ce n’était pas seulement une accumulation : c’était la sensation, au fil des jours, que l’on assistait à quelque chose qui dépasse le cadre habituel.

Il a aussi reconnu que la conversation sur leur collaboration, même des mois après, revenait avec une charge émotionnelle. La scène reste la même : on imagine l’entraîneur derrière la ligne, prêt à corriger, tout en observant un joueur qui trouvait ses accélérations au bon moment. Sur un court, un coup droit bien lancé crée souvent une première rupture de rythme ; chez Alcaraz, Ferrero a surtout mis en avant l’attitude qui accompagnait ce genre de séquence.

« Ce que je regrette le plus, c’est l’attitude d’Alcaraz sur le court : agressive, mais toujours avec un sourire. J’ai vu sa progression depuis qu’il avait 15 ans, jusqu’à des niveaux que je n’aurais jamais imaginés. »

Ferrero a ajouté qu’il allait bien malgré la tristesse liée à la fin de cette aventure, grâce à une nouvelle routine. Il partage désormais son temps entre son académie, sa vie familiale et des déplacements. Le quotidien s’est réorganisé, mais les souvenirs, eux, ont gardé leur netteté.

Entre souvenirs récents et prochaine étape

La séparation n’a pas effacé les repères. Ferrero a rappelé qu’il avait donné « tout ce qu’il pouvait » à Alcaraz, et que parler de cette période n’était pas simple. Dans la vie d’un joueur, les changements de staff comptent ; dans la tête d’un entraîneur, la mémoire des gestes et des matchs reste plus durable que n’importe quel document. On l’a compris dans sa façon de raconter : il décrivait une présence, pas un simple programme.

Du côté d’Alcaraz, ses derniers résultats ont été les suivants : il a perdu contre Sinner 5-7 1-6, a battu Vacherot 5-7 1-6, a battu Virtanen 5-7 1-6, a battu Bublik 5-7 1-6, avant de perdre contre Machac 5-7 1-6. Cinq rencontres, cinq physionomies, sans qu’on cherche à en tirer une lecture plus large que les faits.

Pour la suite, Ferrero et Alcaraz ne partagent plus le même quotidien. Alcaraz devra désormais se concentrer sur les échéances qui suivront ces matchs, avec l’objectif de défendre sa place au classement. De son côté, Juan Carlos Ferrero a déjà basculé vers son académie et ses déplacements, et l’on l’a vu : la page s’est tournée, mais l’empreinte d’Alcaraz reste.

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