Interview

Fritz : « Je préfère être top 5 plutôt que premier Américain »

Éliminé dès le quatrième tour à Miami par Lehecka, Taylor Fritz a replacé ses ambitions dans le bon ordre : le classement mondial prime sur le statut de numéro 1 américain.

Nicolas Besson
30 mars 2026
3 min
Fritz : « Je préfère être top 5 plutôt que premier Américain »

Battu par Jiri Lehecka au round-of-16 à Miami le 24 mars, Taylor Fritz a pris la parole sur ses ambitions de carrière. Le numéro 7 mondial a clairement hiérarchisé ses priorités : le rang au sein du tennis américain ne l'intéresse pas autant que sa place dans le classement mondial.

0 % : le chiffre qui résume son tournoi à Miami

Taylor Fritz n'a converti aucune balle de break lors de sa défaite face à Lehecka (voir le détail du match), 6-4, 6-7(7), 6-2. En face, le Tchèque a affiché 67 % de premières balles et converti ses 3 opportunités de break — un pourcentage modeste sur le papier, mais suffisant. Fritz, lui, a terminé à 0 % sur cet indicateur. Sur dur, contre un adversaire capable de tenir le service, cette inefficacité sur les moments clés a pesé lourd.

Avec 8 aces, 66 % de premières balles et 0 % de breaks convertis, les statistiques de service de l'Américain n'étaient pas catastrophiques. Mais le score final, 6-4, 6-7(7), 6-2, reflète une rencontre où il n'a jamais réussi à prendre l'ascendant dans les moments décisifs. Après cette sortie, il reculera au huitième rang mondial au prochain classement ATP le lundi, tandis que Ben Shelton restera neuvième.

Être premier Américain ? Pas la priorité

C'est dans ce contexte qu'il s'est exprimé sur le podcast Nothing Major Show, co-animé par les Américains retraités John Isner, Sam Querrey, Jack Sock et Steve Johnson. Sa position est sans ambiguïté.

« Je préfère ne pas être le numéro 1 américain et être dans le top 5, plutôt qu'être numéro 1 américain et classé 10e. C'est ce qui compte le plus pour moi. »

La logique est claire : le statut de meilleur joueur du pays ne représente qu'un classement relatif. Ce qui l'intéresse, c'est la performance absolue. À 28 ans, il a déjà atteint un classement de numéro 4 mondial et disputé une finale en Grand Chelem. Il sait ce que le haut du tableau signifie concrètement.

Des objectifs précisément définis

Sur ce qui reste à accomplir, Fritz ne s'est pas montré vague. Il a lui-même reconnu avoir coché plusieurs cases importantes dans sa carrière, avant d'indiquer ce qui manque encore.

« Beaucoup de choses que je voulais accomplir, je les ai réalisées. Donc je me concentre sur ce que je n'ai pas encore fait : un classement plus élevé, remporter de grands titres, aller loin dans les Majeurs. »

Ce que le score ne dit pas, c'est que Fritz aborde cette fin de mars avec un bilan de 12 victoires et 8 défaites en 2026, et que son meilleur résultat de l'année reste une finale à Dallas. Pour un joueur qui vise explicitement le top 5 et les grands titres, la saison reste à construire.

La suite : vers la saison sur terre

Avec ce huitième rang au classement à l'issue de Miami, Fritz entame désormais la transition vers la saison sur terre battue. Les tournois de Monte-Carlo, Madrid et Rome constituent les prochaines grandes étapes du calendrier ATP avant Roland-Garros. Sur une surface moins favorable historiquement aux joueurs américains de profil similaire, les performances des semaines à venir permettront de mesurer si les ambitions affichées se traduisent en résultats concrets dans la hiérarchie mondiale.

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