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Fonseca : « Je veux devenir numéro 1, mais ça prendra du temps »

Battu 6-3, 6-0 par Sinner au premier tour de Monte-Carlo, Joao Fonseca assume la défaite avec une lucidité qui surprend pour un joueur de 19 ans. Le Brésilien ne cache pas son ambition, mais revendique le droit de prendre le temps qu'il faut.

Camille Lefèvre
7 avril 2026
3 min
Fonseca : « Je veux devenir numéro 1, mais ça prendra du temps »

À 19 ans et 40e mondial, Joao Fonseca vient de s'incliner face à Jannik Sinner au premier tour du Monte-Carlo Masters, sur la terre battue de la Principauté, sur le score de 6-3, 6-0. Une défaite nette, qui ne semble pourtant pas entamer la sérénité du Brésilien — ni sa lucidité sur le chemin qui reste à parcourir.

Un 6-3, 6-0 qui ne souffre pas d'interprétation

Jannik Sinner a été implacable ce mardi à Monte-Carlo. Six aces, 62% de premières balles, et seulement 5% de balles de break converties en sa faveur — le chiffre illustre à quel point l'Italien n'en a jamais eu besoin. En face, Fonseca n'a converti aucune de ses occasions, avec une première balle qui n'a trouvé le carré qu'à 43% du temps. Le détail du match dit tout d'un rapport de force sans ambiguïté.

Ce n'est pas la première fois que le jeune Brésilien se frotte à l'élite du circuit en ce début de saison. Il a aussi croisé Carlos Alcaraz, qui l'a battu 6-4, 6-4 lors d'une confrontation récente. Deux défaites contre le numéro 1 et le numéro 2 mondiaux, à 19 ans, sur les plus grandes scènes. Ce qui frappe, c'est moins le résultat que la manière dont Fonseca les intègre.

La patience comme ligne directrice

Là où beaucoup de jeunes talents se consument dans la comparaison, Fonseca choisit délibérément une autre voie. Il ne s'agit pas de nier l'ambition — il veut être numéro 1 mondial, il le dit clairement — mais de refuser que cette ambition devienne une pression paralysante. À ce stade de sa carrière, cette distinction n'est pas anodine.

L'exemple d'Alcaraz et Sinner, devenus dominateurs très jeunes, a changé la perception du temps dans le tennis masculin. Fonseca l'observe, mais ne s'y noie pas. Son discours, posé et précis, tranche avec l'impatience que le milieu lui projette volontiers.

« Je dois travailler davantage. Mais oui, je pense être sur la bonne voie. Tout le monde a son heure, et mon heure viendra. [...] Je veux écrire ma propre histoire. [...] Je veux devenir numéro 1 mondial, mais je sais que ça prendra du temps. Je suis encore 40e, donc je dois être assez humble pour le comprendre. »

Un parcours qui en dit long sur la gestion de la pression

Le contexte est important : Fonseca n'est pas un espoir de papier. Il a déjà remporté cinq titres sur le circuit, atteint le top 25 et accumulé des expériences contre les meilleurs du monde. Ses confrontations récentes face aux ténors du circuit, notamment lors des tournois précédents, avaient déjà montré qu'il pouvait tenir des échanges face aux meilleurs, avant que Monte-Carlo ne raconte une histoire plus sévère.

Ce qui se dessine, c'est un joueur qui construit sur la durée plutôt que de se précipiter. La régularité du travail quotidien, la progression tranquille : ce sont ses mots, pas un artifice rhétorique. Dans un sport où les réseaux sociaux amplifient chaque résultat en destin, cette approche demande une certaine solidité mentale.

La suite : un tournoi de terre battue qui commence à peine

Pour Fonseca, l'aventure à Monte-Carlo s'arrête dès le premier tour. La saison sur terre battue européenne se poursuit néanmoins avec plusieurs rendez-vous majeurs à venir — Barcelone, Madrid, Rome — avant Roland-Garros. À 40e mondial, chaque semaine peut faire bouger le classement dans un sens comme dans l'autre. L'objectif de retrouver le top 25, où il a déjà pointé, reste atteignable. Mais il faudra d'abord passer la semaine sans points, et construire sur ce que ces confrontations au sommet lui ont appris.

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