Lorenzo Musetti a chuté dès son entrée en lice à l'Indian Wells Masters 1000, battu en deux sets par le Hongrois Marton Fucsovics (7-5, 6-1). C'était son premier tournoi depuis l'Open d'Australie, où une blessure aux adducteurs l'avait contraint à l'abandon en quart de finale. Fabio Fognini a aussitôt pris la parole pour remettre les choses en perspective.
Un retour prématuré sur dur
Lorenzo Musetti, 5e mondial, avait initialement envisagé de reprendre la compétition à Acapulco, avant de renoncer pour ne pas compromettre sa récupération. Le choix Indian Wells comme premier tournoi depuis Melbourne était donc délibéré : arriver tôt en Californie pour s'acclimater aux conditions locales, gérer la progression physique. Sur le papier, une logique prudente.
Mais le calendrier ne pardonne pas. Après un mois d'inactivité forcée, Musetti a hérité d'un premier tour face à Fucsovics, vétéran du circuit peu commode sur dur. Le niveau de l'Italien fut en deçà des attentes. Dans le second set, ses erreurs directes se multiplièrent, offrant à son adversaire les clés du match.
Fognini met les mots sur la réalité
C'est via Instagram que Fabio Fognini, ancien numéro 9 mondial, a réagi à l'élimination. Sobre et direct, l'analyse de l'Italien ne cherche pas à minimiser mais à situer.
« Musetti a besoin de temps pour retrouver les bonnes sensations, sur le plan physique et mental. Il était hors compétition depuis un mois après l'Open d'Australie, il doit donc être patient et comprendre que c'est un processus normal. Son objectif doit être de retrouver de la confiance en vue des tournois sur terre battue. J'espère qu'il pourra hausser son niveau à Miami. »
Le discours est celui d'un connaisseur du circuit, pas d'un observateur extérieur. Fognini a lui-même navigué entre blessures et retours compliqués au fil de sa carrière. Il sait ce que coûte une reprise bâclée.
Un schéma qui se répète
Ce n'est pas la première fois que le corps de Musetti lâche dans un moment décisif. L'an dernier, il avait vécu des situations comparables à Monte-Carlo et Roland-Garros, à chaque fois face à Carlos Alcaraz. À Melbourne, c'est contre Novak Djokovic — menant deux sets à zéro — qu'il avait dû s'arrêter, aux adducteurs.
La question qui se pose maintenant est celle de la gestion physique sur le long terme. Un joueur classé dans le top 5 mondial attire des matchs exigeants dès le premier tour. Chaque tournoi de reprise est un test, et le tirage au sort ne fait pas de cadeaux.
La terre battue comme horizon
Derrière l'élimination d'Indian Wells, l'enjeu réel est ailleurs : la saison sur terre battue, surface de prédilection de Musetti, approche. C'est là que se concentre l'essentiel de ses points à défendre. L'an passé, il avait réalisé ses meilleurs résultats sur ocre, et le moindre passage à vide à Monte-Carlo, Madrid ou Rome pèserait lourd au classement.
Miami, où il espère élever son niveau selon Fognini, représente une étape intermédiaire sur dur. Ce Masters 1000 débute dans les prochains jours et offre à Musetti une nouvelle occasion de retrouver rythme et repères avant d'aborder la saison rouge. La marge de manœuvre existe encore — à condition d'y arriver dans un état physique et mental stabilisé.




