Le débat agite le circuit depuis plusieurs semaines : Carlos Alcaraz, fort de son titre à l'Open d'Australie, est-il désormais devant Jannik Sinner ? David Ferrer, consulté par le Corriere dello Sport, a livré son analyse — et elle est plus nuancée qu'on pourrait le croire.
Ferrer refuse de trancher entre les deux géants
David Ferrer, ancien numéro 3 mondial et désormais voix respectée du tennis espagnol, ne s'est pas laissé aller à une réponse tranchée. Pour lui, le débat reste ouvert.
« Carlos et Jannik sont encore très proches pour moi. Comme on l'a vu lors des dernières saisons, ils se nourrissent l'un de l'autre, et c'est ainsi qu'ils continuent de progresser. »
Une lecture sobre, mais qui dit beaucoup. Ferrer ne voit pas une hiérarchie figée entre les deux joueurs. Il voit une rivalité en construction, moteur de progression pour chacun. C'est là que ça se joue, précisément : dans cette émulation mutuelle qui tire les deux vers le haut.
L'Australie comme point d'inflexion pour Alcaraz
Ferrer reconnaît néanmoins qu'Alcaraz arrive avec davantage de confiance après Melbourne. Son titre en Australie lui donne une marge de manœuvre que Sinner n'a pas en ce début de saison, l'Italien traversant une période de flottement plus marquée.
Pour autant, l'ancien champion espagnol se montre prudent sur les pronostics à venir. Il pointe Indian Wells et Miami comme des rendez-vous où Sinner est historiquement à l'aise — deux terrains où le rapport de force pourrait vite se rééquilibrer. Il va falloir trancher sur le terrain, pas dans les médias.
La question qui se pose maintenant, c'est celle du calendrier : qui gère le mieux l'enchaînement de ces Masters 1000 américains ? Alcaraz voudra capitaliser sur son élan, Sinner aura à cœur de répondre sur des surfaces qui lui conviennent.
Djokovic, la variable que personne ne doit oublier
Ferrer a également tenu à remettre Novak Djokovic dans l'équation. Sa performance en finale de l'Open d'Australie face à Alcaraz l'a visiblement marqué.
« En Australie, Djokovic a très bien joué, même en finale contre Alcaraz. Il ne faut pas oublier qu'il avait de l'énergie et qu'il a remporté 24 titres du Grand Chelem : dans des matchs à élimination directe, ça ne m'étonne pas qu'il puisse encore rivaliser. »
Un rappel utile. Dans un tournoi du Grand Chelem, sur un seul match, Djokovic reste une menace réelle. Ferrer ne l'écarte pas du tableau — et c'est un avertissement que ni Alcaraz ni Sinner ne peuvent ignorer.
Une saison qui se jouera sur les grands tournois
La lecture de Ferrer dessine une saison ouverte, mais resserrée autour de deux noms. Selon lui, il est difficile d'identifier un joueur capable de battre Alcaraz ou Sinner en Grand Chelem sur une semaine complète — Djokovic mis à part, dans certaines configurations.
Les prochaines semaines seront décisives. Indian Wells (BNP Paribas Open, à partir du 5 mars) puis Miami Open représentent deux occasions majeures de redistribuer les cartes au classement. Alcaraz, en position de force après Melbourne, tentera de confirmer. Sinner cherchera à répondre sur des surfaces et dans des conditions où il s'est déjà imposé par le passé. Le calendrier, comme toujours, ne pardonne pas.




