Absent depuis Indian Wells en raison de problèmes physiques, Novak Djokovic devrait faire son retour à l'occasion du Madrid Open. À 38 ans, le Serbe a pris la parole sur sa relation au tennis, à son corps et à sa propre vulnérabilité — un discours rare chez un compétiteur de cette trempe.
Le mental comme premier terrain de jeu
Le Serbe ne s'en cache pas : ce qui se passe en dehors des courts influe directement sur ce qui se passe dessus. Devant la presse, le Serbe a résumé ce principe avec une franchise désarmante.
« Au fil des années, j'ai appris que l'équilibre mental et émotionnel est tout. Sur le court et en dehors, c'est la même personne. Si quelque chose ne va pas à l'intérieur, ça se voit dans mon tennis — sans aucun doute. »
Cette lecture du jeu dépasse la simple préparation physique. Pour Djokovic, la performance est d'abord un état intérieur. Un indicateur que le champion a mis des années à intégrer pleinement, et qu'il assume désormais sans détour.
Accepter ses failles pour mieux les dépasser
Ce qui frappe dans le discours de Djokovic, c'est l'acceptation de ses propres limites. Une posture qui contraste avec l'image du champion implacable qu'il a longtemps incarnée. Il s'est exprimé sans ambiguïté sur ce point.
« J'accepte que je sois humain. Je fais des erreurs, j'ai des faiblesses, et c'est normal. Pour être fort, courageux et performant, il faut aussi s'autoriser à être vulnérable. »
Ce glissement dans son rapport au jeu s'accompagne d'une évolution concrète dans sa gestion du calendrier. Après une finale à l'Open d'Australie, il a choisi de faire l'impasse sur Miami et Monte-Carlo, laissant son corps dicter le rythme. Une décision assumée, pas subie.
Préparer autrement, pas moins
À 38 ans, le Serbe ne réduit pas sa préparation — il la reconfigure. Il l'a dit clairement : il ne s'agit plus de s'entraîner davantage, mais de s'entraîner mieux. Écouter le corps. Arbitrer les engagements. Choisir les batailles.
« La préparation ne consiste plus à s'entraîner plus dur. Il s'agit de s'entraîner plus intelligemment, d'écouter son corps, et de s'assurer d'être au meilleur de sa forme physiquement et mentalement. »
Ce que le score ne dit pas toujours, c'est l'énergie dépensée pour maintenir ce niveau face à une génération plus jeune. Récemment, il a connu des résultats contrastés : victoire contre Sinner, défaites contre Alcaraz et Draper. Chaque match reflète un contexte distinct, illustrant la complexité du moment de sa carrière.
Une motivation intacte, un rapport au tennis transformé
Sur la question de sa longévité, Djokovic ne botte pas en touche. Il affiche une certitude : il n'a pas encore dit ce qu'il avait à dire sur un court. La formule qu'il choisit est révélatrice.
« Je n'ai pas l'impression d'avoir 'complété' le tennis. »
En regardant de plus près, ce qui a changé, c'est peut-être le centre de gravité. Djokovic l'admet : le tennis n'est plus tout dans sa vie. Et paradoxalement, c'est précisément ce recul qui lui donne, selon lui, une force supplémentaire. « Ça me donne plus de force », a-t-il confié. Une forme d'équilibre qu'il présente non pas comme un renoncement, mais comme une ressource.
Le Madrid Open se profile donc comme la prochaine échéance du Serbe, actuellement classé quatrième mondial. Face à un tableau qui pourrait l'opposer aux meilleurs représentants de la génération suivante, Djokovic aborde cet épisode de sa carrière avec le même appétit de compétition — mais un regard visiblement différent sur ce qu'il cherche à y trouver.




