Novak Djokovic ne participera pas à l'Open de Miami en raison d'une blessure à l'épaule droite. Son absence soulève une question qui court depuis plusieurs semaines : le Serbe jouera-t-il vraiment sur terre battue cette année ? Steve Johnson, ancien professionnel américain, ne serait pas surpris qu'il fasse l'impasse sur une grande partie de la saison sur ocre.
Une gestion prudente du calendrier
Novak Djokovic n'a disputé que deux tournois en 2026 avant de déclarer forfait pour Miami. Éliminé au quatrième tour d'Indian Wells par Jack Draper sur le score de 4-6, 6-4, 7-6(7) — voir le détail du match —, le Serbe n'a disputé que deux tournois depuis le début de l'année. Un calendrier épars, signe d'une gestion millimétrée de son corps.
À 38 ans, le numéro 3 mondial ne peut plus enchaîner les tournois sans en payer le prix physique. L'épaule droite est désormais le point de vigilance. Son forfait à Miami en découle directement. La question n'est plus de savoir s'il gère son corps, mais jusqu'où il est prêt à rogner sur son programme.
La terre battue : trop exigeante physiquement ?
Pour Steve Johnson, la réponse semble s'imposer d'elle-même. L'Américain estime que Djokovic pourrait choisir d'éviter une grande partie — voire l'intégralité — de la saison sur ocre. La surface impose des contraintes physiques spécifiques, liées aux déplacements latéraux et aux échanges prolongés, qui peuvent peser lourd dans un corps sous surveillance médicale.
Djokovic figure actuellement sur la liste des engagés à Monte-Carlo. Mais Johnson souligne que cela peut changer rapidement dans les semaines à venir. Sa conviction : le Serbe pourrait préserver ses forces pour Wimbledon, surface sur laquelle il s'est toujours senti le plus à l'aise.
Le parallèle avec Roger Federer revient naturellement dans le débat. À partir d'un certain stade de sa carrière, le Suisse avait renoncé à la terre battue pour concentrer toute son énergie sur le gazon de l'All England Club, remportant le titre en 2017. L'idée que Djokovic adopte une stratégie similaire n'a rien d'incongru.
Johnson : « Je ne le vois pas à Roland-Garros »
L'ancien professionnel ne tourne pas autour du pot. Lors d'une prise de parole récente, il a exprimé clairement ses doutes sur la présence de Djokovic dans les grands rendez-vous de printemps.
« Personne ne connaît Novak mieux que lui-même [...]. Je ne le vois pas jouer à Monte-Carlo, Madrid et Rome, et je ne le vois pas gagner Roland-Garros. Mais peut-être que je me trompe complètement. Peut-être qu'il jouera à Madrid parce que la terre y est plus rapide, puis entrera à Roland-Garros. »
Ce qui est frappant dans l'analyse de Johnson, c'est qu'il n'invalide pas totalement un retour sur terre. Madrid, avec sa surface plus rapide en altitude, resterait une option envisageable. Le schéma serait alors Madrid puis Roland-Garros, en renonçant aux Masters 1000 italiens. Un programme a minima, conçu pour arriver à Paris dans les meilleures conditions possibles.
C'est un aspect souvent sous-estimé dans les discussions sur les fins de carrière : la vraie décision n'est pas de jouer ou non, mais de choisir le moment où le corps peut produire son meilleur tennis. Djokovic a toujours fait ce calcul mieux que quiconque.
La prochaine étape reste incertaine
Pour l'heure, la seule certitude est celle-ci : Miami est rayé du programme. La suite dépendra de l'évolution de l'épaule droite et des signaux que le Serbe recevra de son corps au cours des prochaines semaines. Monte-Carlo débutera mi-avril ; Djokovic aura d'ici là le temps de prendre sa décision. Si son nom disparaît de la liste d'engagés, ce sera un signal fort sur ses intentions pour l'ensemble de la saison sur terre. Madrid et Roland-Garros resteraient alors les deux dernières portes ouvertes avant Wimbledon.




