Annoncé forfait pour le Miami Open en raison d'une blessure à l'épaule droite, Novak Djokovic prive le tournoi de l'un de ses visages les plus familiers. La nouvelle a suscité des réactions dans le monde du tennis, notamment de la part de Martina Navratilova et Tim Henman, deux anciens joueurs devenus consultants réguliers du circuit.
Un forfait qui surprend, une blessure qui interroge
Le contexte rend ce retrait particulièrement notable. L'an passé, Novak Djokovic avait atteint la finale du Miami Open, où il s'était incliné face à Jakub Mensik. En ne prenant pas le départ cette année, le Serbe, troisième joueur mondial, perdra un volume conséquent de points au classement. Un choix qui semble néanmoins délibéré.
Ce qui intrigue Navratilova, c'est la temporalité de la blessure. La légende américaine avait suivi Djokovic à Indian Wells, où le Serbe s'était incliné face à Jack Draper au quatrième tour (voir le détail du match) — un match serré conclu 4-6, 6-4, 7-6(7). À cette occasion, son épaule n'avait pas semblé poser problème.
« Novak, finaliste l'an dernier, ne peut pas jouer, c'est vraiment dommage. Nous n'avons rien vu concernant son épaule ici, mais les balles et tout le reste sont plus lourds à Miami, alors qui sait ? »
Henman : la sélectivité comme stratégie
Pour Tim Henman, le forfait de Djokovic s'inscrit dans une logique plus large. L'ancien joueur britannique estime que le Serbe gère son calendrier avec une précision chirurgicale, en choisissant soigneusement ses engagements plutôt qu'en enchaînant les tournois.
« Je ne pense pas que ce soit une énorme surprise. Il est très sélectif quant aux tournois où il joue, il fait des apparitions ponctuelles. »
Henman soulève ensuite une question qui traverse manifestement les discussions autour du Serbe : quelle sera sa présence sur terre battue ? Jouera-t-il un tournoi de préparation avant Roland-Garros ? Se concentrera-t-il sur le gazon ? Les interrogations restent ouvertes, et l'entourage du joueur n'a pas communiqué sur le sujet.
Navratilova : l'expérience contre la prudence
Navratilova, elle, formule un avis plus nuancé. Elle reconnaît que Djokovic possède l'expérience pour gérer sa carrière mieux que quiconque, mais elle n'est pas entièrement convaincue par l'approche consistant à réduire drastiquement le nombre de matchs joués.
« Je pense qu'il a besoin de jouer plus de matchs avant les grands tournois. Il s'est tellement retiré que même s'il est aussi solide qu'il l'est, je pense qu'il a besoin d'un peu plus de jeu [...] mais il s'y connaît mieux que moi. »
Ce qui frappe, c'est la tension que pointe Navratilova entre deux impératifs difficilement conciliables à 38 ans : préserver son corps pour être compétitif sur les grands rendez-vous, tout en ayant besoin du rythme de la compétition pour maintenir son niveau. Un équilibre que chaque joueur en fin de carrière doit calibrer à sa façon.
Le regard tourné vers la terre battue
Le prochain rendez-vous annoncé pour Djokovic serait le Monte-Carlo Masters, premier grand tournoi de la saison sur terre battue. Ce sera l'occasion de mesurer l'état réel de son épaule et de prendre la température de sa préparation avant Roland-Garros. L'absence à Miami accentue la pression sur cette reprise : après des points perdus par rapport à la finale de l'an passé, chaque résultat sur ocre comptera davantage dans l'optique du classement.
La question de sa participation à Roland-Garros elle-même — et plus largement à toute la saison sur gazon — restera en suspens tant que le Serbe ne s'exprimera pas plus précisément sur l'étendue de sa blessure. Dans ce silence, les spéculations sur ses objectifs réels en 2026 n'ont pas fini d'alimenter les débats.




