À 38 ans, Novak Djokovic continue de susciter le débat sur sa longévité au plus haut niveau. Après son élimination au quatrième tour d'Indian Wells le 12 mars et son forfait au Masters de Miami pour une blessure à l'épaule droite, les questions sur son avenir se multiplient. Jimmy Connors prend position : personne d'autre que Djokovic lui-même ne devrait décider de la suite.
« On ne peut pas lui retirer quelque chose qu'il aime autant »
Jimmy Connors, dans son podcast, ne mâche pas ses mots sur ceux qui poussent Djokovic vers la sortie. L'Américain estime que le Serbe a gagné le droit de gérer sa carrière comme il l'entend, sans avoir à rendre de comptes.
« Je n'aime pas que les gens aillent partout en disant qu'il devrait arrêter. Il n'y a qu'une seule personne qui me dira qu'il va arrêter, c'est lui. On ne peut pas retirer à quelqu'un quelque chose qu'il aime autant. »
Connors va plus loin. Il souligne que la question n'est pas de satisfaire le public ou les observateurs, mais de répondre à ses propres exigences. Selon lui, tant que Djokovic sort du court en ayant le sentiment d'avoir tout donné, rien d'autre ne compte.
Indian Wells : une élimination qui relance les interrogations
Sur le court, la réalité est celle-là : Djokovic, actuellement troisième mondial, a perdu au quatrième tour d'Indian Wells le 12 mars face à un adversaire qui l'a poussé en trois sets — 4-6, 6-4, 7-6(7). Le détail du match illustre la difficulté de la rencontre : 13 aces côté Djokovic, contre seulement 4 pour son adversaire, mais seulement 2 % de balles de break converties pour le Serbe, contre 0 % pour son opposant. Le tie-break du troisième set, décroché à 9 points, résume à lui seul la tension du match.
Ce type de défaite dans les moments décisifs nourrit précisément les doutes que Connors refuse d'entendre. Le schéma tactique du match est révélateur : Djokovic a pourtant mis sa première balle en jeu à 64 %, un chiffre dans ses standards habituels. La construction du point n'a pas suffi à convertir les occasions. C'est souvent là que le rapport de force bascule à ce niveau.
Une saison 2026 sous contrainte physique
Depuis le début de l'année, Djokovic n'a disputé que deux tournois. À l'Open d'Australie, il atteignit la finale. À Indian Wells, il s'arrêta en huitième. Le Masters de Miami, prévu cette semaine, ne le verra pas sur le court : une blessure à l'épaule droite l'a contraint au forfait.
Ces absences contraintes pèsent sur le calendrier d'un joueur qui, à chaque fois qu'on lui a posé la question de la retraite ces deux dernières années, a répondu de la même manière : il reste en activité tant qu'il croit pouvoir gagner les grands titres. Ce discours, Connors le reçoit comme une preuve de conviction, pas comme un déni.
La légitimité du dernier mot
Ce qui rend la prise de position de Connors intéressante, c'est qu'elle vient d'un joueur qui a lui-même prolongé sa carrière au-delà de ce que beaucoup jugeaient raisonnable. Il connaît de l'intérieur ce que signifie rester compétiteur quand les voix extérieures réclament le retrait.
À ce niveau, la marge est infime entre un joueur qui prolonge sa carrière avec justesse et celui qui s'accroche malgré lui. Connors considère que Djokovic, numéro 3 mondial, est encore du bon côté de cette ligne. Le joueur lui-même n'a jamais laissé entendre le contraire.
La suite du calendrier de Djokovic reste à préciser après son forfait à Miami. Avec l'épaule droite en question, le début de la saison sur terre battue — et notamment Monte-Carlo en avril — constituera le prochain test pour mesurer où il en est réellement. Les points à défendre sur cette surface et les grands rendez-vous à venir, Roland-Garros en tête, donneront une image plus nette de ce que cette saison 2026 peut encore lui offrir.




