Depuis le retrait de Carlos Alcaraz au tournoi de Barcelone, l’accès au sommet du tableau s’est dégagé pour plusieurs prétendants. Jannik Sinner a désormais une voie plus lisible vers Roland-Garros, où il vise un Grand Chelem en carrière.
Dans les tribunes et les zones mixtes, l’absence d’Alcaraz a changé l’atmosphère : les regards se sont davantage posés sur les joueurs capables de créer des écarts sur terre battue. Marin Cilic a d’ailleurs estimé que deux grands noms pourraient troubler la trajectoire de Sinner, même si le Croate a aussi rappelé la difficulté de prévoir sur un tournoi aussi prestigieux.
Le retrait d’Alcaraz, un accélérateur de motivation
Interrogé au micro de la Tennis Channel, Marin Cilic a répondu sans détour à la question de savoir si ce retrait “ouvre” le tableau de Roland-Garros. Pour lui, l’enjeu dépasse la simple mécanique du tirage: la domination récente de Sinner et d’Alcaraz a pesé sur tout le circuit, et l’absence du numéro 2 a modifié le rapport de forces.
Le Croate a aussi souligné le message que cela envoie à Sinner. Dans son propos, on retrouve cette idée d’opportunité : la concentration se transforme en objectif, et chaque adversaire se met à rêver d’un moment rare. Avec Sinner, le public sait qu’il faudra tenir la cadence, notamment après des matches où il a enchaîné des victoires nettes, comme Sinner bat Zverev 6-1 6-2.
Sur la terre battue, Ruud et Zverev font partie des noms cités
Cilic a mis en avant des profils capables d’exister sur la surface lente. Il a cité Casper Ruud, en rappelant que ce type de conditions correspond à ses repères. Il a aussi évoqué Alexander Zverev, présent à un niveau élevé, au point d’atteindre la finale à Madrid avant d’être dominé par Sinner, 6-1 6-2 et 6-1 6-2 dans le même match.
Le point marquant, c’est la manière dont Cilic a décrit la constance de Zverev. Il a parlé d’un joueur “qui se donne assez de chances”, tout en reconnaissant que le passage “final” reste le plus dur quand les leaders sont installés. Physiquement, on l’a vu dans le ton: le Croate a insisté sur l’idée que le tennis sur terre battue peut offrir des surprises, mais qu’elles ne se décrètent pas.
Le regard de Sinner: chaque adversaire impose un défi
À Rome, Jannik Sinner a évité de focaliser son discours sur un nom en particulier avant son entrée dans le tournoi. Il a simplement rappelé, en conférence de presse, que chaque adversaire présente un défi spécifique, et que la préparation devait rester entière. Ce choix a sonné comme une volonté de garder un tempo stable, sans laisser la tension du tableau dicter ses décisions.
Dans les tribunes, cette retenue a été remarquée : Sinner a aussi été présenté comme la cible principale des médias, avec l’absence d’Alcaraz qui renforce mécaniquement son statut de favori. Il a néanmoins appelé à la prudence, avec l’idée de garder ses distances avec la pression. Sur le court, son efficacité récente a été constante, comme en témoignent Sinner bat Norrie 6-2 7-5 ou Sinner bat Moller 6-2 6-3, où chaque jeu a semblé se jouer sur un enchaînement rapide de points.
La suite: Sinner peut viser Roland-Garros, Cilic attend le prochain tour
La trajectoire de Jannik Sinner à Roland-Garros reste l’axe principal après le retrait d’Alcaraz. L’Italien cherchera à aller au bout et à compléter son Grand Chelem en carrière, tandis que les prétendants cités par Cilic devront transformer l’opportunité en performances sur la durée. Pour le prochain match, la donnée la plus concrète reste la préparation: un adversaire à encaisser, un plan à tenir, et l’obligation de rester précis dans les échanges, comme on l’a vu dans les derniers sets qu’il a remportés.
Du côté de Marin Cilic, l’heure était à l’anticipation des défis à venir, dans une atmosphère où chaque nom “capable” devient aussitôt un candidat. Sur ce type d’événement, l’enjeu n’a pas besoin d’être expliqué: il se lit dans les déplacements le long de la ligne de fond et dans la façon d’attendre la balle avant l’accélération, point après point.




