L'ancien champion de Wimbledon Pat Cash a livré son analyse du rapport de force au sommet du tennis mondial. Selon lui, Jack Draper est, à ce jour, le seul joueur capable de véritablement menacer Carlos Alcaraz et Jannik Sinner — Novak Djokovic mis à part. Un constat qui en dit long sur l'état du circuit masculin.
Un sommet difficile à ébranler
Pour Pat Cash, le diagnostic est simple : personne, ou presque, n'est en mesure de rivaliser avec les deux premiers mondiaux sur la durée. Alcaraz avait remporté l'Open d'Australie ainsi que le tournoi du Qatar en début de saison 2025, avant que Sinner ne réponde en s'imposant à Indian Wells puis à Miami. Une répartition des grands rendez-vous qui résume à elle seule l'équilibre — relatif — entre les deux hommes.
Cash ne tourne pas autour du pot :
« Je ne pense pas qu'il y ait quelqu'un capable de les défier, réalistement. »
Une affirmation tranchée, mais assortie d'une nuance importante. Djokovic, d'abord. L'ancien numéro un mondial n'est plus aussi régulier qu'avant, reconnaît Cash, mais il « inquiète ces joueurs » et « a quelque chose ». Il reste une menace ponctuelle, surtout en Grand Chelem.
Draper, le nom qui change la donne
Hors Djokovic, Cash n'en voit qu'un : Jack Draper. Le Britannique, de retour de blessure lors de son deuxième tournoi, avait battu Djokovic à cette occasion — une performance que Cash cite en preuve. « Il a la puissance de feu, il a la capacité mentale », résume-t-il. Deux qualités que l'Australien estime décisives pour s'imposer durablement au plus haut niveau.
C'est là que ça se joue : Draper ne représente pas seulement un talent prometteur de plus. Pour Cash, il est le seul à réunir les caractéristiques nécessaires pour perturber l'hégémonie du duo de tête — pas nécessairement en Grand Chelem, mais dans les grands tournois.
Fils et Zverev dans le tableau, sans être des menaces immédiates
Cash mentionne également Arthur Fils et Alexander Zverev parmi les joueurs susceptibles de jouer les trouble-fête « sur un bon jour ». Ses mots sont précis et révélateurs : « les mêmes vieux personnages », « sur leur jour ». C'est tout sauf un brevet de régularité. Il reconnaît le potentiel de Fils — « il devrait progresser dans le classement » — sans pour autant lui attribuer le statut de challenger réel du tandem de tête.
Pour Cash, la hiérarchie est donc claire : Alcaraz et Sinner devant, Draper comme seul challenger identifiable, Djokovic en outsider de luxe, et le reste du circuit en retrait.
Sinner sur le long terme, Alcaraz plus imprévisible
Cash avance aussi une projection sur la durée des deux carrières. Il estime que Sinner pourrait avoir une carrière plus longue, quand Alcaraz serait « un peu plus irrégulier ». Une lecture intéressante, qui ne se base pas sur des performances précises mais sur une intuition de compétiteur — Cash a côtoyé suffisamment de champions pour savoir qu'une carrière se construit autant dans la tête que sur le court.
Sa projection chiffrée sur les Grands Chelems à venir est directe :
« Ces deux joueurs vont dominer les quatre prochaines années. Ça fait seize Grands Chelems qu'ils vont se partager. »
Seize levées majeures à se répartir : si la projection se vérifie, le circuit masculin entre dans une phase de duopole prolongé — comparable, structurellement, à d'autres séquences de domination que le tennis a déjà connues.
La question qui se pose maintenant est de savoir si Draper pourra concrétiser ce potentiel que Cash lui reconnaît. Le Britannique revient de blessure, ce qui implique une gestion physique et un calendrier à construire avec soin. Les prochains Grands Chelems — à commencer par Roland-Garros en mai puis Wimbledon en juin — seront les premiers vrais tests sur la durée. Si Draper veut incarner ce rôle de challenger numéro un du tandem Alcaraz-Sinner, il devra enchaîner les semaines sans rechute, et progresser dans les phases finales des Masters 1000. Le calendrier ne pardonne pas.




