Actuellement classé 10e mondial, Alexander Bublik revendique une popularité qui dépasse largement le cadre du tennis. Dans une déclaration accordée au site de Roland-Garros, le Kazakh de 28 ans explique comment les réseaux sociaux ont transformé la visibilité de joueurs comme lui — ou comme Nick Kyrgios — en les propulsant dans une sphère proche de la pop culture.
Une célébrité construite hors des palmarès
Alexander Bublik ne doit pas sa notoriété aux seuls résultats. Sur le court, il a toujours cultivé un jeu décalé — amortis inattendus, lobbes audacieux, services par en dessous — qui fait régulièrement le tour des réseaux sociaux. Une identité visuelle forte, reconnaissable entre toutes, qui lui a valu 1,5 million d'abonnés sur les plateformes sociales.
Le Kazakh estime lui-même que cette audience n'aurait pas été possible à une autre époque. Comme il l'a confié :
« Je ne suis pas sûr d'avoir le même nombre d'abonnés si j'avais joué à l'ère de Roger et Rafa, parce que c'était moins développé. C'était davantage lié aux résultats qu'aux anecdotes. »
Dans le Kazakhstan, cette popularité dépasse désormais le cadre sportif. Bublik indique recevoir des propositions de tournages cinématographiques, preuve que son image a franchi les frontières du circuit.
Kyrgios, un modèle de popularité sans titre majeur
Pour illustrer son propos, Bublik cite Nick Kyrgios comme exemple d'un phénomène similaire. L'Australien, actuellement non classé, a toujours attiré les foules et fédéré une communauté de fans massifs sans jamais avoir remporté de titre en Masters 1000 ou en Grand Chelem. Une trajectoire que Bublik juge révélatrice d'une évolution profonde du tennis comme produit médiatique.
Les deux joueurs partagent une même philosophie sur le court : le spectacle avant tout. Bublik l'exprime clairement : « C'est comme Nick, comme moi, des gars qui n'ont pas été aussi titrés que ces légendes. Et nous avons beaucoup d'abonnés, beaucoup de fans. » Sur ce point, les chiffres lui donnent raison.
Indian Wells en ligne de mire
Alors que ces déclarations circulent, Bublik se prépare à entrer en lice à l'Indian Wells Masters, où il est tête de série numéro 10. Bénéficiant d'un bye au premier tour, il affrontera au deuxième tour le vainqueur du match entre Arthur Cazaux et Michael Zheng.
L'unique confrontation entre Kyrgios et Bublik au niveau du circuit date du Miami Masters 2019 — une victoire 7-5, 6-3 de l'Australien, voir le détail du match. Ce jour-là, Bublik avait signé 10 aces pour 68 % de premières balles, sans parvenir à convertir la moindre balle de break. Kyrgios, lui, avait conclu sur 75 % de premières balles et 9 aces.
Vers un tennis de personnalités autant que de résultats
La réflexion de Bublik soulève une question concrète sur l'économie du tennis moderne : la valeur d'un joueur se mesure-t-elle encore uniquement à son palmarès ? À en croire le Kazakh, la réponse est non. Et il conclut sans détour :
« J'ai des demandes pour tourner des films. C'est vraiment une affaire de pop culture pour moi aussi dans mon pays. Et je trouve ça formidable. »
Pour Bublik, le prochain rendez-vous concret reste Indian Wells, où son parcours potentiel face à Cazaux ou Zheng sera l'occasion de confirmer que résultats et image peuvent, enfin, aller de pair.




