Boris Becker a plaidé pour l’émergence de nouveaux vainqueurs de Grand Chelem, estimant que la concurrence actuelle ne parvenait pas encore à inquiéter durablement Carlos Alcaraz et Jannik Sinner. L’ancien n°1 mondial a aussi cité Novak Djokovic comme un nom capable de troubler cette hiérarchie.
Boris Becker a d’abord salué le niveau affiché par Alcaraz et Sinner, en rappelant qu’ils avaient partagé neuf titres de Grand Chelem entre eux. « First of all, let me express my admiration and respect for what Alcaraz and Sinner are doing », a-t-il déclaré, avant d’ajouter qu’il souhaitait voir d’autres joueurs venir les défier à un niveau plus régulier. Becker a aussi souligné l’écart d’âge entre les deux leaders, 22 ans pour Carlos Alcaraz et 23 ans pour Jannik Sinner, pour expliquer pourquoi cette domination lui semblait durable.
Un fossé de niveau qui attire et inquiète
En regardant de plus près ce qu’il a voulu mettre en avant, Becker a formulé une idée simple : la qualité des deux hommes serait si supérieure que l’arrivée d’un challenger paraît difficile à imaginer. Il a ainsi décrit une différence de niveau marquée dans le tennis actuel, en insistant sur la place centrale occupée par Alcaraz et Sinner. Le constat s’appuyait sur le volume de titres déjà accumulés par le duo : neuf Grand Chelem partagés, selon ses mots.
Becker n’a pas pour autant critiqué l’intérêt du spectacle. Il a au contraire présenté Alcaraz comme un joueur qu’il apprécie pour son style, en le décrivant comme « a joy to watch » et « a true artist of the game ». Cette manière de parler a conduit sa réflexion vers une question de renouvellement : si la compétition devient trop prévisible, d’autres figures doivent pouvoir créer un vrai contraste.
Zverev comme exemple d’un duel qui a compté
Pour illustrer ce qu’il attend d’autres joueurs, Becker a choisi un cas précis : Alexander Zverev. Il a rappelé que Zverev avait eu une balle de service pour conclure lors des demi-finales de l’Open d’Australie contre Carlos Alcaraz, ajoutant que « It was very close ».
Ce point est central dans son argumentation : Becker ne réclame pas seulement un nom, il cherche un scénario où un outsider peut réellement menacer le leader du moment. Le fait qu’il évoque un moment de match à haute pression permet de comprendre ce qu’il entend par « challenge » : un adversaire capable d’être au contact au moment décisif, pas seulement de rivaliser sur la durée.
Djokovic, le facteur qui ne disparaît pas
Dans la liste des noms susceptibles de casser la dynamique, Novak Djokovic a occupé une place particulière. Becker a estimé que tant que le Serbe était présent sur le circuit, il fallait continuer de le considérer comme une menace. Il a appuyé son propos sur un chiffre : 24 titres de Grand Chelem, qu’il a présenté comme un repère à ne pas écarter.
Il a aussi rappelé que Djokovic avait été « even in the final in Melbourne », en reliant cette présence en finale à une forme de permanence du risque. Becker a ainsi refusé l’idée d’une histoire refermée : Djokovic reste, selon lui, un joueur dont l’impact ne se limite pas à une période.
« And we mustn’t forget Djokovic. As long as he’s playing, we must never forget him. »
Ice and fire : une rivalité qui a besoin d’inspiration
Becker a ensuite rapproché la rivalité Alcaraz-Sinner d’un autre duel qu’il a connu, en parlant d’une opposition entre « ice and fire », comme le contraste entre l’approche de Ivan Lendl et la sienne dans le passé. Surtout, il a décrit Alcaraz comme un « artiste » et a expliqué que ce type de joueur avait besoin d’une source d’inspiration. Dans son raisonnement, Jannik Sinner joue ce rôle, car il peut rendre les matches moins simples pour Alcaraz.
Il a toutefois posé une limite : si les rencontres devenaient trop faciles, il craignait que l’intérêt baisse. Son point s’est appuyé sur l’âge, en rappelant que Alcaraz n’a que 22 ans, ce qui laisse, selon lui, de la marge avant que la question ne se pose vraiment. Pour Becker, l’enjeu dépasse donc le seul classement : il s’agit aussi de maintenir une rivalité qui force les deux hommes à rester au meilleur niveau.
Ce plaidoyer pour un renouvellement des challengers arrive alors que le calendrier 2026 va enchaîner les grands rendez-vous. Pour rester dans la course, Carlos Alcaraz et Jannik Sinner devront continuer à performer sur les prochaines semaines, avec l’objectif de défendre les points qui les maintiennent au sommet. De son côté, Novak Djokovic devra confirmer son rôle de perturbateur à chaque échéance majeure, tandis que Alexander Zverev aura l’occasion de transformer son potentiel de « match-up » en menaces concrètes contre les têtes d’affiche.




