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Becker : « Ne pas oublier Djokovic tant qu'il joue »

Boris Becker prend la défense de Novak Djokovic : à 38 ans et finaliste de l'Open d'Australie 2026, le Serbe reste selon lui un prétendant à part entière, aussi longtemps qu'il sera professionnel.

Julien Doucet
10 avril 2026
3 min
Becker : « Ne pas oublier Djokovic tant qu'il joue »

Alors que le débat Alcaraz-Sinner accapare l'attention du circuit, Boris Becker rappelle à l'ordre : Novak Djokovic, actuellement 4e mondial, n'est pas un nom à écarter de la liste des prétendants. À 38 ans, le Serbe a atteint la finale de l'Open d'Australie en début de saison, devenant à cette occasion le finaliste le plus âgé de l'histoire du tournoi.

La génération 2000 ne raconte pas toute l'histoire

Il le connaît mieux que quiconque : il a été l'un de ses entraîneurs. Et son message est sans ambiguïté. Tant que Djokovic foule un court en tant que professionnel, il ne participe pas — il concourt.

Le contexte est pourtant favorable à une relégation au second plan. Alcaraz et Sinner ont remporté les neuf derniers titres du Grand Chelem. Le premier séduit par son sens du jeu, le second par sa régularité. Face à cette dualité dominante, parler d'un troisième protagoniste peut sembler anachronique.

Ce serait une erreur d'analyse.

Une finale à Melbourne qui dit tout

La finale à l'Open d'Australie en janvier n'était pas un cadeau du tableau. Novak Djokovic a atteint la finale en battant plusieurs adversaires, avant de céder face à Alcaraz. Ce parcours rappelle qu'à ce niveau, la marge est infime — et que le Serbe la trouve encore.

Ce qui distingue Djokovic du simple vétéran respectable, c'est précisément sa capacité à ne pas subir. Contre des adversaires nés après 2000, il continue d'imposer des rapports de force, de gérer les matchs en cinq sets, de faire basculer des situations qui semblaient défavorables. La victoire contre Sinner à Melbourne en est l'illustration directe.

Plus récemment, il a cédé face à Jack Draper en trois sets, dans un match au score serré jusqu'au bout (4-6, 6-4, 7-6). Un résultat qui rappelle, s'il en était besoin, que la compétition est dense — et que Djokovic reste dans cet espace, pas en dehors.

Un record qui cadre les ambitions

Becker formule son avertissement en des termes clairs. Son analyse s'appuie sur les faits, pas sur la nostalgie.

« Nous ne devons pas oublier Novak tant qu'il joue. Il évolue dans une sphère vraiment à part, avec ses 24 titres du Grand Chelem. Tant qu'il restera un joueur professionnel, il sera une force avec laquelle il faudra compter. »

Ce cadre est important : Becker ne plaide pas pour un passé glorieux. Il décrit une réalité présente. Un joueur classé 4e mondial, finaliste en Grand Chelem en 2026, qui affiche la volonté de prolonger sa carrière jusqu'aux Jeux olympiques de Los Angeles en 2028 — ce n'est pas un joueur qui gère un déclin. C'est un joueur qui gère une carrière.

Quelle place dans le débat des prétendants ?

Le choix tactique est clair pour quiconque analyse le circuit sans biais générationnel : Djokovic reste un facteur dans n'importe quel tableau de Grand Chelem. Pas parce que son palmarès impose le respect, mais parce que ses résultats récents le justifient.

C'est un aspect souvent sous-estimé dans les analyses de fin de carrière : on a tendance à lire chaque défaite comme un signal de déclin, et à minimiser chaque victoire comme un accident heureux. Avec Djokovic, ni l'une ni l'autre de ces lectures ne tient.

La prochaine épreuve majeure sur terre battue approche, et la question de sa participation et de son état physique sera centrale. S'il est au départ à Roland-Garros, surface majeure de sa carrière, personne ne pourra raisonnablement l'ignorer dans les pronostics. Becker, lui, ne s'y risquerait pas.

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