Interview

Badosa analyse l'évolution du tennis féminin depuis 2020

À Charleston, Paula Badosa a analysé les transformations du tennis féminin entre 2020 et aujourd'hui, évoquant un jeu plus rapide et moins tactique. L'Espagnole s'est inclinée en quart de finale contre Kalinskaya.

Adam Hartley
4 avril 2026
3 min
Badosa analyse l'évolution du tennis féminin depuis 2020

En marge du tournoi de Charleston, Paula Badosa a livré son regard sur les transformations du jeu féminin. Un diagnostic lucide, porté par une joueuse qui a traversé de loin les dernières années du circuit — forcée par les blessures à observer autant qu'à jouer.

Charleston : un quart de finale comme horizon

Paula Badosa a débuté sa saison sur terre battue à Charleston, où elle a signé deux victoires consécutives face à Kayla Day puis Maria Sakkari, avant de s'incliner en 32e de finale contre Anna Kalinskaya sur le score de 6-4, 6-2. Un match qui résume bien les équilibres actuels de son jeu : 75 % de premières balles réussies, mais seulement 1 % de balles de break converties. La domination en retour n'était pas au rendez-vous.

C'était son neuvième tournoi de la saison. Son bilan sur l'année s'établit désormais à neuf victoires pour neuf défaites. À 28 ans, l'Espagnole reconstruit pied à pied, après plusieurs saisons hachées par les pépins physiques.

Le jeu a changé — et Badosa a eu le temps de l'observer

La question lui fut posée en conférence de presse : le tennis féminin a-t-il évolué ? La réponse fut directe. Badosa a passé suffisamment de temps à regarder depuis les tribunes pour avoir forgé une opinion étayée.

« Maintenant tout est beaucoup plus rapide, et peut-être un peu moins tactique, parce que les joueuses cherchent davantage les coups gagnants — on a moins le temps de penser. Tout le monde sert bien, retourne bien, frappe fort et fait des winners. »

Elle situe cette bascule entre 2020 et 2023. Une fenêtre précise, pas une impression vague. C'est là que le jeu, selon elle, a basculé vers une intensité supérieure, au détriment de la construction de point.

Un regard formé par les absences autant que par le jeu

Badosa le dit elle-même : elle a eu « beaucoup de temps » pour observer. Ce n'est pas anodin. Depuis 2023, elle compose avec une blessure chronique au dos. L'an passé, une déchirure du labrum est venu s'y ajouter, une lésion qu'elle gère encore aujourd'hui.

Ces absences forcées ont eu un effet paradoxal : elles lui ont offert une distance analytique rare sur le circuit. Les joueuses qui enchaînent les matchs n'ont pas le recul nécessaire pour mesurer les évolutions structurelles du jeu. Badosa, elle, a pu comparer, croiser, analyser — et elle aime ça. « L'une des choses que j'aime le plus, c'est regarder et analyser le tennis », confie-t-elle.

Ce que décrit l'Espagnole rejoint un constat partagé par plusieurs observateurs du circuit : la prime aux frappes à plat, au tempo élevé, au service dominant. La tactique recule devant la puissance brute. Un choix, aussi, de la part des joueuses — et des entraîneurs.

Une remontée au classement comme objectif immédiat

Sur le plan du classement, Badosa abordait Charleston au 113e rang mondial. À l'issue de la semaine, elle devrait remonter aux alentours du 102e rang. Un gain marginal, mais concret. La question qui se pose maintenant est celle de la suite du calendrier sur terre battue : Madrid, Rome et Roland-Garros approchent, avec des points à défendre selon son niveau de participation les années précédentes. Chaque tournoi compte pour repasser durablement dans le top 100 — et retrouver une marge de manœuvre sur la Race.

Commentaires

0/2000
Chargement...