Arthur Fils a atteint les demi-finales du Madrid Open 2026 avec un tennis très maîtrisé, et il a attribué une part importante de cette évolution à sa collaboration avec Goran Ivanisevic. En conférence, le Français a décrit un travail « facile » et surtout une nouvelle façon de regarder le jeu, au fil des semaines.
Ce rendez-vous madrilène a aussi placé Fils face à un adversaire d’un autre calibre : Jannik Sinner, mentionné comme le profil le plus difficile possible pour un demi-finaliste. Avec Arthur Fils à #25 et un parcours déjà très avancé à la Caja Mágica, la question devenait moins « s’il pouvait y arriver » que « comment il allait gérer l’étape suivante ».
Ivanisevic, une collaboration pensée pour l’étape actuelle
Arrivé en février, Goran Ivanisevic a été présenté par Fils comme un coach capable d’apporter l’expérience dont il estimait avoir besoin « à ce stade » de sa carrière. Le Français a insisté sur l’idée d’un échange concret : « We are doing a great job », a-t-il expliqué, avant de souligner l’aide apportée par la maturité du Croate.
Fils a aussi rappelé que la relation n’était pas partie de zéro. Il a mentionné qu’il avait déjà travaillé avec Ivan dans le passé, et que les deux hommes étaient « proches », ce qui a facilité le quotidien. Dans ces conditions, la progression racontée n’a pas pris la forme d’un discours théorique : elle s’est appuyée sur la continuité du travail à Doha, puis à Barcelone et à Madrid.
Madrid : des résultats qui ont validé le changement de perspective
À Madrid, le message de Fils a été clair : il a dit vouloir prolonger ce qui a fonctionné. Il a rappelé que, même si le départ de la collaboration avait commencé à Doha, les séquences à Barcelone et à Madrid avaient marqué un vrai contraste. « We did a hell of a job », a-t-il déclaré, en reliant directement la satisfaction du moment à la qualité du travail mené.
Sur le court terme, Arthur Fils a livré, dans ses cinq derniers matchs, des résultats qui l’ont mené vers cette demi-finale. Il a d’abord perdu contre Sinner (6-2 6-4), avant de s’imposer contre Lehecka (6-3 6-4), puis contre Etcheverry (6-3 6-4). Il a ensuite gagné contre Nava (7-6(2) 6-3) et a terminé par une victoire contre Buse (6-7(4) 7-6(3) 7-5).
Ce qui ressort, sans interprétation supplémentaire, c’est la capacité de Fils à faire basculer un match quand il en a eu l’occasion, notamment sur le dernier score serré face à Buse. L’enjeu à Madrid restait donc de transformer cette solidité en performance dans le dernier acte.
« Je suis un apprenant rapide » : la méthode plutôt que la promesse
Dans sa façon de parler de son développement, Fils a mis l’accent sur un trait personnel : sa vitesse d’apprentissage. Il a insisté sur le fait qu’il « apprend vite », et a donné un exemple précis : à Miami, il avait expliqué qu’il gaspillait trop d’énergie sur le court, avant d’être « complètement différent » à Barcelone et à Madrid. Le message était moins une question de talent que de capacité à corriger.
Dans la même logique, il a aussi été interrogé sur ce qu’il avait découvert sur lui-même. Sa réponse a tenu en une idée : il se dit capable d’assimiler rapidement les ajustements. Cette approche a été mise en avant dans la narration du moment, car elle colle à la façon dont il présente sa collaboration avec Ivan : une expérience partagée, mais aussi une mise en application immédiate.
Les mots de Fils ont été accompagnés par ceux d’un observateur extérieur, Patrick Mouratoglou. Celui-ci a expliqué avoir suivi les matchs de Fils et avoir identifié une progression notable, tout en rappelant qu’il avait aussi vu un revers plus compliqué, notamment « le match contre Lehecka » où Fils n’avait pas trouvé son rythme avant de s’incliner.
Mouratoglou : identifier le problème et corriger au prochain tournoi
Dans son analyse, Patrick Mouratoglou a mis en avant une qualité de lecture. Il a résumé l’idée par une phrase très directe :
Traduit, cela donne : « Il est transparent, il identifie les problèmes et il les résout. C’est le signe des meilleurs joueurs. »« He’s transparent, he identifies the problems, he solves them. This is the sign of the best players. »
Le coach a ensuite illustré sa thèse avec un parallèle entre Jannik Sinner et Carlos Alcaraz, en évoquant l’idée qu’un joueur corrige ce qu’il a vu après une grande finale. Mouratoglou a donc construit son propos sur une logique de correction rapide, plutôt que sur la répétition d’un schéma.
Ce cadre colle à la façon dont Fils a expliqué son propre apprentissage. Et à l’approche de la demi-finale, l’enjeu devenait de savoir si la même capacité à ajuster se retrouverait face à Jannik Sinner, présenté par Fils comme le test le plus dur possible à ce stade.
Pour la suite, Arthur Fils devra affronter Jannik Sinner en demi-finale du Madrid Open 2026. Le Français arrive avec #25 au classement à l’instant T, et chaque tour supplémentaire pèse dans la trajectoire immédiate : l’objectif est d’aller le plus loin possible à Madrid, avant d’enchaîner sur la période où il devra défendre des points et sécuriser sa progression.




