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Andy Roddick juge un boycott du Roland-Garros « absurde »

Andy Roddick a jugé qu’un boycott de Roland-Garros serait « absurde », car il priverait les joueurs de négociations avant Wimbledon. Il a aussi mis en garde contre des sanctions qui pénaliseraient les athlètes.

Camille Lefèvre
13 mai 2026
3 min
Andy Roddick juge un boycott du Roland-Garros « absurde »

Le boycott agite de plus en plus le circuit. Sur un podcast, Andy Roddick a estimé qu’un retrait du Roland-Garros serait une décision « absurde », notamment parce que les négociations se joueraient juste avant Wimbledon.

Dans ses propos, l’Américain a replacé le sujet dans une logique de calendrier et de marge de discussion. Il a aussi évoqué l’idée de traiter d’abord les doléances récurrentes des joueuses et joueurs, avant de penser à des sanctions qui retomberaient sur les athlètes.

Un calendrier qui ne laisse guère de place à l’escalade

Roddick a d’abord posé le cadre: « Il y a beaucoup de discussions autour d’un boycott », a-t-il lancé, en invitant à raisonner sur la mécanique plutôt que sur le symbole. Sa crainte était simple: boycotter Roland-Garros, puis se retrouver contraint par un enchaînement de rendez-vous avant Wimbledon, alors qu’un accord n’aurait pas encore été trouvé.

« Il serait idiot de boycotter le tournoi de Roland-Garros et de vous priver ensuite des négociations avant Wimbledon »

Dans la foulée, il a ajouté que les alternatives ne se ressemblaient pas sur le plan temporel. Il a jugé qu’un retrait de Wimbledon ne serait pas non plus envisageable, puisque cela laisserait un laps de temps avant le US Open, et que l’après-décision devait préserver de la place pour négocier.

Sabalenka et Gauff ont lancé la discussion, Roddick répond par le concret

Le débat a pris de l’ampleur avec Aryna Sabalenka, qui a mis sur la table l’éventualité d’un boycott si les organisateurs des Grands Chelems ne se montraient pas ouverts à une hausse des primes pour les joueuses. Le sujet a ensuite été relayé par Coco Gauff, ce qui a renforcé la visibilité du bras de fer.

Roddick n’a pas contesté la volonté de faire entendre un désaccord, mais il a déplacé la discussion vers la faisabilité. Il a estimé que le calendrier des Grands Chelems rendrait plus cohérente l’idée de viser des tournois situés différemment dans la saison, plutôt que de choisir Roland-Garros et Wimbledon comme point de départ.

Ce raisonnement a aussi une dimension de logique: pour lui, une action extrême doit s’accompagner d’un espace de négociation, sinon elle se retourne contre l’objectif recherché. Il a aussi mis en avant une autre priorité, celle de régler des sujets qui reviennent depuis longtemps dans les discussions autour du sport.

Points et sanctions: quand la pression vise les tournois, elle touche aussi les joueurs

Roddick a ensuite élargi à un autre levier. Il a plaidé pour traiter en premier la principale plainte évoquée par les acteurs du circuit, en citant l’idée de raccourcir la saison. Son argument était que cette priorité donnerait davantage de crédibilité lors des discussions avec les joueurs.

Dans le même mouvement, il a rappelé que les circuits ATP et WTA ne disposeraient pas forcément de la capacité d’imposer des sanctions lourdes aux Grands Chelems. Il a surtout pointé un risque: retirer des points de classement aux tournois majeurs pénaliserait directement les joueuses et les joueurs, ce qui rendrait la mesure peu utile.

Pour illustrer ce mécanisme, il a cité Novak Djokovic, en expliquant que sans points de Grand Chelem, son classement ATP serait nettement moins favorable. À ses yeux, cette voie ne serait ni réaliste ni pertinente pour obtenir le changement recherché.

La suite: des discussions qui devront viser une issue avant Wimbledon

Les positions restent donc tranchées: d’un côté, l’idée de Sabalenka d’un boycott comme moyen de pression; de l’autre, l’analyse de Roddick sur l’enchaînement Roland-Garros-Wimbledon et sur la nécessité de préserver une fenêtre de négociation. La prochaine séquence se jouera autour des décisions prises avant Wimbledon 2026, avec des enjeux directement liés aux primes et à la manière dont les circuits comptent peser dans les discussions.

Sur le plan sportif, Andy Roddick a aussi rappelé, sans chiffrer un calendrier, que la crédibilité passe par des actions qui ne se retournent pas contre ceux qui disputent les tournois. Et alors que les débats continuent de prendre de l’ampleur, la question centrale restera la même: comment transformer une colère en accord, avant que la saison n’impose ses dates.

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