Battu par Sebastian Korda en trois sets (6-3, 5-7, 6-4) au troisième tour du tournoi de Miami, Carlos Alcaraz a quitté la compétition avec une frustration visible. Numéro un mondial, l'Espagnol n'a pas trouvé les ressources pour renverser un adversaire qui a dominé les échanges dans les moments décisifs. La réaction de la légende allemande Boris Becker, qui y voit un parallèle avec l'année passée, alimente désormais le débat.
Un match sans rythme ni emprise
Carlos Alcaraz n'a jamais semblé à l'aise dans ce troisième tour. Korda s'est imposé avec 12 aces et une première balle à 69 %, quand l'Espagnol n'en produisait que 2, avec un taux de conversion sur balles de break réduit à 2 %. Voir le détail du match.
Malgré un rebond dans le deuxième set — le seul arraché par Alcaraz —, il n'y eut pas de véritable tournant. Le troisième set repartit dans le sens de l'Américain, qui conclut sans trembler. Sur le terrain, la résistance de l'Espagnol apparut tardive et insuffisante.
La déception fut manifeste, y compris dans ses échanges avec son équipe pendant et après la rencontre. Alcaraz ne cacha pas son envie de rentrer chez lui sans attendre.
Panatta pointe l'attitude, Becker rappelle un précédent
La défaite n'a pas laissé le milieu indifférent. L'ancien champion Adriano Panatta fut l'un des plus directs dans ses observations. En conférence, il décrivit un joueur qui semblait absent dans les deux premiers sets.
« Il a eu une très mauvaise attitude dans les deux premiers sets, il semblait ne pas vouloir jouer. Son niveau a légèrement monté dans le troisième, mais il méritait de perdre parce que Korda était supérieur. »
Une lecture sévère, mais partagée en partie par d'autres observateurs. Steve Johnson, dans le cadre du podcast Nothing Major, fit lui aussi le constat qu'Alcaraz n'était pas à son niveau habituel ce jour-là. La question d'une éventuelle baisse de motivation après l'Australian Open fut posée publiquement.
Boris Becker, lui, choisit un angle différent. L'Allemand rappela sur les réseaux sociaux qu'à la même période l'an dernier, Alcaraz avait pris du recul et était parti se ressourcer avec sa famille au Mexique — et que cette décision s'était révélée bénéfique.
« Remember last year same time, Carlos took time out and went to Mexico 🇲🇽 with his family to recharge … guess it worked out! »
Rentrer chez soi pour mieux revenir
Alcaraz lui-même avait évoqué, après le match, son intention de rentrer quelques jours en Espagne. Pas d'agenda chargé, pas de communication stratégique — juste la famille, les amis, et une coupure avant d'aborder la saison sur terre battue.
Ce qui frappe, c'est la cohérence entre la réaction du joueur et les conseils de son entourage élargi : ne pas forcer, ne pas dramatiser, laisser passer. Becker, qui connaît mieux que quiconque le poids de la répétition sur le circuit, semble y voir non pas une faiblesse, mais une forme d'intelligence.
Le numéro un mondial garde la tête sur les épaules dans ses déclarations, quoique la frustration soit réelle. À 21 ans, il aborde chaque saison avec des attentes élevées, y compris les siennes propres.
La saison sur terre battue en ligne de mire
La sortie de Miami ramène les regards vers Monte-Carlo, Barcelona et Madrid, les premières étapes de la saison sur terre. Ce sont des rendez-vous où Alcaraz a historiquement brillé — mais les données de ce passage en hard court américain suggèrent qu'une remise à niveau sera nécessaire, au moins mentalement. Jannik Sinner, de son côté, continue de surveiller l'évolution de son grand rival au sommet de l'ATP. Le calendrier sur ocre s'ouvre dans les semaines à venir, et chaque tournoi sera scruté avec attention pour mesurer si la pause aura produit l'effet escompté.




