En marge de son entrée en lice au Monte-Carlo Masters, Carlos Alcaraz s'est prêté au jeu des grands choix. Le numéro un mondial a désigné Novak Djokovic comme le meilleur joueur de l'histoire, et Serena Williams comme la meilleure joueuse. Des prises de position franches, dans un contexte où l'Espagnol reste concentré sur sa défense de titre sur terre battue à Monaco.
Djokovic et Williams, des choix assumés
Carlos Alcaraz n'a pas tourné autour du pot. Interrogé par les médias sur les meilleurs joueurs de l'histoire, il a cité Novak Djokovic du côté masculin, reconnaissant sans ambiguïté la domination statistique du Serbe sur le circuit. Un choix qui dit beaucoup sur la lucidité du jeune Espagnol : même au sommet du classement mondial, il sait reconnaître ce que représente le palmarès de son aîné.
Pour le volet féminin, c'est Serena Williams qu'il a choisie. Là encore, pas de surprise dans le fond, mais la démarche compte. Alcaraz a pris le temps d'analyser, de peser, avant de trancher. Ce n'est pas une réponse de circonstance.
La finale de Wimbledon 2008, remportée par Rafael Nadal face à Roger Federer, fut également citée comme le plus grand match de l'histoire du tennis selon lui. Un choix qui résonne particulièrement pour un joueur formé à l'académie de Nadal.
La pression du titre à défendre à Monte-Carlo
Ces déclarations interviennent dans un moment charnière de sa saison. Alcaraz défend son titre au Monte-Carlo Masters et a entamé son tournoi par une victoire convaincante : 6-1, 6-3 au premier tour, avec 6 aces et 67 % de premières balles. Son adversaire n'a converti que 1 % de ses balles de break, contre 5 % pour l'Espagnol. Le rapport de force fut sans équivoque dès l'entrée.
Pourtant, Alcaraz lui-même a tempéré les attentes sur sa capacité à conserver la place de numéro un. Il a déclaré vouloir avancer match après match, sans se projeter trop loin. Une posture qui, sur le papier, peut sembler prudente. Dans les faits, c'est souvent la bonne gestion de l'énergie mentale qui sépare les champions des prétendants sur une longue quinzaine.
La question qui se pose maintenant : peut-il enchaîner au même niveau face à des adversaires plus coriaces ? Une éventuelle confrontation avec Jannik Sinner dans le tableau ferait monter d'un cran la pression sur ses épaules.
Djokovic et Williams lui rendent la pareille
Le respect est mutuel, et il s'exprime publiquement. Après l'Open d'Australie, Novak Djokovic avait pris la parole pour saluer la performance d'Alcaraz en termes clairs :
« Félicitations Carlos. Ce que tu as accompli, le meilleur mot pour le décrire, c'est historique. Légendaire [...] Tu es si jeune, tu as beaucoup de temps. Je suis sûr qu'on se reverra souvent durant les dix prochaines années. »
Serena Williams, de son côté, a estimé qu'Alcaraz était en mesure de dépasser les records de Djokovic, notamment en Grand Chelem. Elle a rappelé que Federer lui-même avait été sous-estimé à ses débuts, avant que Nadal et Djokovic ne prouvent à leur tour que les records existaient pour être battus.
« Tout est possible. Quand Federer a commencé, personne ne pensait qu'il pouvait battre Sampras, et il l'a fait. Ensuite Rafa et Novak ont fait pareil... Carlos est très jeune, il a de grands rivaux, mais bien sûr, c'est possible. Les records sont là pour être battus. »
Barcelone, Madrid, et la suite du calendrier
Interrogé sur sa préférence entre le tournoi de Barcelone et celui de Madrid — deux rendez-vous espagnols qui l'attendent après Monaco — Alcaraz a refusé de choisir. Les deux comptent autant à ses yeux. C'est là que ça se joue pour lui sur terre battue : ces trois semaines consécutives à Monte-Carlo, Barcelone et Madrid forment un bloc décisif avant Roland-Garros.
La suite de son tournoi monégasque reste à écrire. S'il franchit les prochains tours, une confrontation avec Sinner est envisageable et constituerait un test de premier ordre avant les Grands Chelems sur terre. Son objectif affiché pour la saison reste le maintien de la première place mondiale à l'issue de l'année.




