Interview

Thiem classe les cinq meilleurs revers à une main de l'histoire

Dans le podcast More Than A Name, Dominic Thiem a livré son top 5 des meilleurs revers à une main de l'histoire, plaçant Wawrinka en tête — et s'excluant lui-même de la liste.

Lena Kovac
22 mars 2026
3 min
Thiem classe les cinq meilleurs revers à une main de l'histoire

Dans un exercice rare d'honnêteté sportive, Dominic Thiem a livré son classement personnel des cinq meilleurs revers à une main de l'histoire du tennis. Le coup qui définit sa carrière, il le regarde de l'extérieur — et s'en exclut délibérément.

Wawrinka en tête, Musetti à la place de Thiem

C'est dans le podcast More Than A Name que l'Autrichien a déroulé sa liste. Stan Wawrinka occupe la première place, suivi de Richard Gasquet, Roger Federer, puis Gaston Gaudio. Pour la cinquième position, Dominic Thiem ne s'est pas désigné lui-même. Il a choisi Lorenzo Musetti.

« Pour moi, Stan est numéro un, Richard Gasquet numéro deux, Roger numéro trois, Gaston Gaudio numéro quatre — un revers à une main incroyable. Je ne vais pas me mettre dans cette liste, ce ne serait pas correct. Je vais avec Musetti. »

La modestie affiché étonne à peine de la part d'un joueur qui a toujours entretenu un rapport pudique avec son propre statut. Mais le geste vaut mieux qu'un long discours : s'effacer de sa propre liste pour y glisser un Musetti de 23 ans, c'est aussi une façon de parler de l'avenir du coup le plus exigeant du tennis.

Un coup qui demande tout

Le revers à une main fascine autant qu'il divise. Il exige une synchronisation parfaite entre le déplacement latéral, le placement du coude et le relâché de poignet au moment de l'impact — une chaîne gestuelle que les joueurs à deux mains n'ont pas à maîtriser. La marge d'erreur est faible, le rendement en cas de réussite, élevé.

Les noms cités par Thiem ne sont pas choisis au hasard. Wawrinka en tête : ce revers long de ligne, armé loin derrière la hanche, avec une rotation d'épaule presque excessive, a marqué une génération. Gasquet, lui, a fait du coup un art à part entière, toute en fluidité et en anticipation. Federer enfin, dont le revers tranchant et plat a souvent déstabilisé des adversaires supposément mieux classés.

Gaudio, ex-vainqueur de Roland-Garros, représente une époque où le revers à une main était encore majoritaire sur le circuit. Le citer aujourd'hui relève d'un regard de connaisseur.

Musetti, héritier d'une tradition exigeante

La présence de Lorenzo Musetti dans ce panthéon personnel dit quelque chose de l'état du tennis actuel. L'Italien fait partie d'une poignée de joueurs qui perpétuent ce coup dans une ère dominée par la puissance et les frappes à deux mains.

Stefanos Tsitsipas est souvent cité dans les mêmes conversations. Le Grec illustre à sa façon comment ce type de jeu peut encore rivaliser au plus haut niveau, notamment lors de récents tournois contre des adversaires de haut calibre. Mais aux yeux de Thiem, c'est Musetti qui incarne le mieux cet héritage.

Reste la question implicite que le choix de Thiem pose : s'il ne s'inclut pas, c'est peut-être aussi qu'il estime que son revers appartient à une catégorie différente — plus brut, plus physique, moins esthétique que celui de Wawrinka ou Gasquet. Un revers construit pour gagner des points, pas pour être admiré.

Une carrière regardée avec du recul

À 32 ans, Thiem occupe désormais une position singulière sur le circuit. Sa carrière lui offre la distance nécessaire pour ce type d'exercice sans risque de paraître arrogant. Il a connu les grandes scènes, a longtemps côtoyé les joueurs qu'il cite, et peut aujourd'hui porter un regard documenté sur ce qui distingue les meilleurs.

Ce classement personnel, aussi subjectif soit-il, reflète une culture tennistique profonde. Ce n'est pas une liste construite pour faire parler — c'est celle d'un joueur qui a passé sa carrière à regarder, analyser et imiter les plus grands revers du circuit, avant de développer le sien.

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