Le partenariat entre Iga Swiatek et le coach de Rafael Nadal, Francisco Roig, a fait réagir bien au-delà du vestiaire. À l'occasion du podcast The Player's Box, Jessica Pegula et Madison Keys ont évoqué avec humour — mais non sans sérieux — ce qu'elles considèrent comme une menace bien réelle pour la saison sur terre battue.
Un clip viral et une réaction immédiate
Début avril, une vidéo avait circulé sur les réseaux : Swiatek, sur le court en terre battue de l'académie de Nadal à Majorque, s'entraînait sous les yeux de la légende espagnole elle-même, aux côtés de son nouveau coach Roig. De quoi faire réagir le circuit féminin.
Jessica Pegula, cinquième mondiale, n'a pas caché sa perplexité amusée face à ces images. Elle raconta avoir regardé la vidéo avec un sentiment de malaise : voir la Polonaise recevoir des conseils sur la glaise, dans ce cadre-là, avait de quoi interpeller ses adversaires.
« J'ai vu le clip d'elles sur la terre, j'ai fait : ugh, c'est mauvais pour tout le monde ! Ça devrait être illégal. »
Depuis les tribunes — ou plutôt depuis un casque audio —, on sentait que la plaisanterie cachait une vraie réflexion sur ce que ce rapprochement pouvait signifier pour la saison à venir.
Keys pose les mots sur l'inquiétude collective
Madison Keys, dix-septième mondiale, avait d'abord remis les choses en perspective : Swiatek a remporté Wimbledon en 2025, et la barre de la numéro un mondiale reste difficile à franchir chaque saison. Mais quand la conversation a glissé vers la terre battue, le ton a changé.
« J'ai dit : Oh mon Dieu. La dernière chose dont on avait besoin, c'est que Iga ait Rafa sur la terre ! »
Roig, rappelons-le, a accompagné Nadal de 2004 à 2022 — soit deux décennies passées à construire le jeu le plus dominant que la terre battue ait connu. Ce bagage, Keys et Pegula le connaissent parfaitement.
Swiatek en reconstruction, mais pas sans ressources
Le contexte donne du relief à ces échanges. Swiatek affiche un bilan de douze victoires et six défaites depuis le début de 2026, et n'a pas encore atteint le dernier carré d'un tournoi cette année. Elle pointe désormais au quatrième rang mondial, loin de la place qu'elle a longtemps occupée en tête du classement.
Sur terre battue en revanche, la Polonaise n'a jamais vraiment perdu pied. Elle n'y a pas décroché de titre en 2025, mais c'est bien sur cette surface qu'elle a construit l'essentiel de son palmarès depuis 2020. Le choix de rejoindre l'académie Nadal et de s'associer à Roig s'inscrit dans cette logique : retrouver les repères d'une surface qui lui réussit naturellement.
Un geste qui n'a pas échappé à ses adversaires. Il ne suffit pas d'être en difficulté pour cesser de faire peur, surtout lorsqu'on se prépare sur la surface où l'on a le plus brillé — et qu'on le fait aux côtés de l'homme qui a façonné le meilleur joueur de terre battue de l'histoire.
La saison sur terre s'ouvre sous haute tension
Le circuit féminin aborde désormais la partie la plus dense du calendrier sur terre battue, avec Madrid, Rome et Roland-Garros dans les semaines à venir. Pour Swiatek, chaque tournoi sera une occasion de remonter au classement et de taire les doutes accumulés depuis janvier.
Pegula et Keys, elles, devront s'y confronter directement. Jessica Pegula a remporté une victoire (6-2, 6-2) lors d'un récent match contre Starodubtseva, signe qu'elle avance sereinement. Mais si Swiatek retrouve son meilleur niveau sur ocre, la plaisanterie du podcast risque de prendre une saveur très différente dans les zones mixtes de Roland-Garros.




