En route vers la finale d'Indian Wells, Aryna Sabalenka a dominé Linda Noskova en demi-finale le 13 mars, 6-3, 6-4, sans perdre le moindre set de la quinzaine. Mais c'est hors du court que la numéro 1 mondiale a aussi fait parler, en prenant position sur l'une des controverses de la semaine : l'obstruction sifflée contre Jack Draper lors de son match face à Daniil Medvedev.
L'affaire Medvedev-Draper, vue par Sabalenka
Les faits : pendant le match entre Medvedev et Draper, ce dernier avait interrompu son geste, pensant la balle sortie, avant que le Russe ne mette dans le filet. Medvedev avait alors demandé une vidéo-révision, et l'arbitre avait accordé le point à l'obstruction. Le cas avait rapidement alimenté les débats, d'autant qu'une situation similaire avait touché Novak Djokovic face à Artur Rinderknech.
Aryna Sabalenka a établi un parallèle direct avec un incident qui la concerne personnellement : une obstruction appelée contre Elina Svitolina lors de l'Open d'Australie. Elle estime que dans les deux cas, les décisions prises ne résistent pas à l'analyse.
« Je pense que pour ce qui me concerne, l'arbitre voulait montrer qu'elle était présente et attentive. [...] À propos de Daniil, il a bien fait le geste, mais je ne pense pas que ça l'ait vraiment gêné. »
Dans la zone mixte, elle avait le regard direct, le ton posé de quelqu'un qui a déjà beaucoup réfléchi à la question. Pas d'énervement, mais une conviction claire.
Une faille dans le règlement
Au-delà des cas particuliers, Sabalenka pointe une incohérence structurelle dans les règles actuelles. Si un joueur est réellement gêné au cours d'un échange, il doit arrêter le point immédiatement — et non pas attendre le résultat avant de réclamer une révision vidéo. Elle soulève une question de bon sens : si Medvedev avait gagné le point naturellement, aurait-il tout de même fait la demande ?
La réponse implicite est non. Et c'est précisément ce qui lui pose problème. Le règlement tel qu'il est rédigé autorise une forme d'opportunisme — jouer le point jusqu'au bout, puis déclencher la procédure si le résultat est défavorable.
Ce débat n'est pas nouveau sur le circuit. Depuis plusieurs mois, des joueurs de premier plan réclament des ajustements, sans que les instances aient pour l'instant ouvert de chantier officiel sur la question.
Une demi-finale maîtrisée, une finale en ligne de mire
Sur le court, Sabalenka avait mis les débats de côté. Face à Noskova, elle a rendu une copie propre : 65 % de premières balles, seulement 3 doubles fautes, et un seul point de bris converti suffisant pour faire la différence dans les moments qui comptaient. Voir le détail du match.
Son jeu de jambes, en particulier sur les balles profondes dans les coins, lui permettait de remettre de la hauteur sur le revers et de reprendre l'initiative au coup droit suivant — un schéma répété tout au long du match. Noskova, pourtant solide au service avec 8 aces, ne parvint jamais à trouver la faille nécessaire pour inverser le cours des échanges.
Rybakina en finale : un défi connu
La finale l'oppose à Elena Rybakina. Les deux se sont déjà affrontées récemment, avec des victoires de la Kazakhe aux WTA Finals l'an passé et à l'Open d'Australie 2026. Sabalenka en a conscience, et elle l'avait dit avant même de disputer sa demi-finale.
« Je suis tellement fatiguée de perdre ces grandes finales. J'avais tant d'opportunités que je n'ai pas utilisées. Maintenant, si je fais la finale, je veux m'assurer de repartir avec le trophée. »
Le message est sans détour. La finale contre Rybakina se jouera dans les prochains jours à Indian Wells, sur dur. Pour Sabalenka, il s'agit de transformer une présence en titre — et de répondre, cette fois, à l'occasion.




