Holger Rune sera de retour sur le circuit à l'occasion du Hamburg Open, du 17 au 23 mai, sept mois après la rupture du tendon d'Achille qui l'avait contraint à abandonner en demi-finale du tournoi de Stockholm. À 22 ans, le Danois ne se fixe pas d'objectif de classement, mais un seul impératif : être pleinement prêt à encaisser un match de cinq heures sans ressentir la moindre gêne.
Stockholm, octobre dernier : le coup d'arrêt brutal
Tout s'était arrêté net en demi-finale à Stockholm. Holger Rune menait 6-4, 2-2 face au Français Ugo Humbert quand il ressentit une douleur aiguë au pied gauche. Incapable de poursuivre malgré les soins du staff médical, il dut quitter le court avec l'aide de son kinésithérapeute, en sautant sur une jambe. Le diagnostic tomba rapidement : rupture du tendon d'Achille, l'une des blessures les plus sévères dans le sport de haut niveau.
Les images de sa sortie — les yeux rouges, la mine dévastée — circulèrent sur les réseaux et racontèrent à elles seules la violence du moment. Humbert, qualifié pour la finale dans ces circonstances, exprima ses regrets sans détour.
« Ce n'est pas ainsi que je voulais gagner. Je suis vraiment désolé pour Holger, c'était un grand match — il jouait un peu mieux que moi. »
Sept mois de rééducation, un tendon jugé « très, très bon »
Durant ces sept mois, Rune a régulièrement pris la parole sur les réseaux pour tenir ses fans informés de l'avancée de sa rééducation. Le ton s'est voulu positif, même si la longueur du processus a de quoi éprouver la patience de n'importe quel compétiteur de haut niveau.
Ce qui frappe, c'est la rigueur avec laquelle il décrit son protocole de soin. Dans une récente prise de parole, il soulignait suivre strictement les recommandations des spécialistes qui l'ont accompagné tout au long de la rééducation, ajoutant que son tendon était désormais dans un état très satisfaisant.
« Ça a été un long processus jusqu'ici, et nous suivons très strictement ce que les gens avec qui j'ai fait ma rééducation nous disent. La solidité de mon tendon d'Achille est très, très bonne. »
Regarder le circuit depuis l'extérieur n'a rien arrangé côté impatience. Le Danois confie que suivre les matchs à la télévision a ravivé une envie qu'on imagine déjà intense chez lui.
« Je n'attends qu'une chose, c'est de rejouer bientôt. Ça m'a vraiment manqué. En regardant beaucoup de tennis, je sens que ça remonte en moi — j'ai envie de revenir. »
Hamburg, pas comme une simple répétition
Le choix de Hamburg comme tournoi de retour n'est pas anodin. C'est sur terre battue, surface qui laisse davantage de temps entre les frappes, que Rune a décidé de reprendre. Mais le Danois prévient : il ne viendra pas simplement pour gratter quelques matches et tester sa cheville. Son exigence est plus haute que ça.
Pas de fixation sur le classement dans l'immédiat — il ne s'est fixé aucun objectif chiffré à ce stade. En revanche, la condition physique est non-négociable : être en mesure de jouer cinq heures sans douleur ni raideur résiduelle dans le pied. S'il ne se sent pas prêt à ce niveau-là, il préfère attendre encore.
« L'objectif n'est pas d'être capable de jouer un ou deux matches en me sentant à peu près bien, peut-être avec un pied un peu raide après. L'objectif, c'est d'être prêt à Hamburg, pleinement prêt, pour jouer cinq heures sans aucun problème — et d'être une version encore meilleure de ce que j'étais avant. »
Un retour attendu, des questions qui restent ouvertes
À 22 ans, le Danois possède le temps pour lui. Mais une absence aussi longue après une blessure de ce type génère inévitablement des inconnues que seul le terrain permettra de dissiper. Le rythme compétitif, la gestion des matchs longs, la confiance dans l'appui : autant d'éléments qui ne se vérifient pas à l'entraînement.
Le Hamburg Open (17-23 mai) sera donc le premier test réel, sept mois après Stockholm. L'enjeu ne se résume pas à un résultat ou à une place dans le tableau : il s'agit de poser les premières fondations d'un retour maîtrisé, sans forcer une trajectoire que Rune lui-même refuse de prédire.




