Andy Roddick s'est confié dans son podcast sur la rivalité qui l'opposa à Lleyton Hewitt durant sa carrière. L'ancien numéro un américain, retiré du circuit depuis plusieurs années, a détaillé les aspects du jeu de l'Australien qui lui posèrent le plus de problèmes, en particulier son revers et la trajectoire de ses frappes.
Un revers impossible à transpercer
Dans son podcast, Andy Roddick revint longuement sur le revers de son ancien rival. Selon lui, ce coup ne relevait pas de la catégorie des armes offensives flamboyantes. Il n'avait rien à voir avec celui d'un Marat Safin. Mais sa régularité en faisait un mur quasi infranchissable.
Roddick insista sur un point : le revers croisé de Hewitt ne ratait jamais. L'Australien pouvait retourner de ce côté avec une constance redoutable, forçant ses adversaires à chercher d'autres ouvertures. Pour un joueur comme Roddick, dont le service constituait l'arme principale avec une moyenne de 11,8 aces par match et 65 % de premières balles, l'impossibilité de conclure sur le revers adverse créait une frustration permanente.
"Le revers de Hewitt était l'un des meilleurs de tous les temps [...]. Il ne ratait jamais un revers croisé. On ne pouvait pas passer au travers."
La trajectoire de balle, arme invisible
Au-delà du revers, Roddick mit en lumière un aspect moins visible du jeu de Lleyton Hewitt : la trajectoire de ses frappes. L'Américain expliqua que la balle de l'Australien volait bas et forçait l'adversaire à frapper constamment sous la taille. Un détail qui, vu des tribunes, passait inaperçu, mais qui sur le court changeait tout.
Le coup droit de Hewitt possédait une légère élévation en phase de construction. Quand l'Australien décidait d'attaquer, il aplatissait sa frappe. La balle n'était pas rapide, mais elle traversait le court avec une efficacité redoutable. Ce n'était pas un tennis de puissance brute, mais un tennis de placement et de contrôle qui épuisait l'adversaire mentalement autant que physiquement.
Roddick résuma la stratégie de Hewitt en une phrase limpide : l'Australien restait en croisé bas jusqu'à ce que son adversaire prouve qu'il pouvait briser ce schéma. Le battre en croisé relevait de l'impossible.
Un bilan H2H qui reflète l'équilibre
Les mots de Roddick prennent tout leur sens à la lumière de leur bilan en confrontation directe : 7 victoires partout. Un équilibre parfait qui illustre combien les deux hommes se neutralisèrent au fil des années. Leur dernière rencontre se déroula à l'Open d'Australie en janvier 2012, où Hewitt s'imposa 3-6, 6-3, 6-4 avant un abandon. Quelques mois plus tôt, à Memphis, Roddick avait pris sa revanche 4-6, 6-3, 6-4.
Ce qui frappe, c'est l'intensité de leurs affrontements. À Wimbledon en 2009, les deux hommes se livrèrent un duel en cinq sets (6-3, 6-7, 7-6, 4-6, 6-4) qui résuma parfaitement la nature de leur rivalité. Hewitt, avec ses 31 titres en carrière et un bilan de 129 victoires pour 42 défaites sur gazon, était un adversaire naturellement à l'aise sur la surface londonienne. Roddick, fort de 87 victoires pour 22 défaites sur herbe, l'était tout autant.
Deux champions aux armes complémentaires
La rivalité Roddick-Hewitt tenait à l'opposition de leurs styles. D'un côté, un serveur dévastateur à la première balle autoritaire. De l'autre, un retourneur né, capable de neutraliser les meilleures premières balles du circuit par la seule qualité de son placement et de son timing. Hewitt affichait une moyenne de 6,4 aces par match, contre 11,8 pour Roddick, mais compensait par une solidité défensive de chaque instant.
Roddick ne chercha pas à minimiser les qualités de son ancien rival. S'il employa le mot "agaçant", c'était avec le respect dû à un adversaire qui comptait 31 titres et un bilan de 373 victoires pour 158 défaites sur dur. Hewitt n'était pas seulement un problème pour l'Américain : il l'était pour l'ensemble du circuit ATP durant sa période d'activité.
L'Américain, auteur de 32 titres en carrière et d'un bilan de 424 victoires pour 140 défaites sur surface dure, savait de quoi il parlait. Quand un champion de cette trempe reconnaît qu'un adversaire le poussait dans ses retranchements, le compliment n'a rien d'anodin. Ces confidences de Roddick offrent un éclairage précieux sur une rivalité des années 2000 qui marqua durablement le circuit, même si les deux joueurs ont depuis longtemps raccroché la raquette.




