Lorenzo Musetti aborde le Miami Open dans une situation délicate. Après avoir manqué tout le mois de février sur blessure, l'Italien — actuellement 5e mondial — n'a pas retrouvé son meilleur niveau à Indian Wells, où il a été éliminé dès le deuxième tour. Le Masters 1000 de Miami représente sa dernière occasion de se remettre en jambes avant une saison sur terre battue qu'il devra aborder avec un capital de points conséquent à défendre.
Une blessure qui a tout perturbé
L'histoire de ce début de saison aurait pu s'écrire différemment. Lorenzo Musetti produisait l'une des meilleures prestations de sa carrière en quarts de finale de l'Open d'Australie face à Novak Djokovic, sur le Rod Laver Arena, quand une blessure à l'adducteur l'a contraint à l'abandon. Le scénario, brutal, l'a forcé à entamer une longue phase de rééducation.
Cette indisponibilité lui a coûté l'intégralité du mois de février, Acapulco inclus. Lorsqu'il est revenu à la compétition à Indian Wells, l'Italien n'était pas en mesure d'exprimer pleinement son jeu. Le score face à Marton Fucsovics — 5-7, 1-6 — illustre une condition physique encore incomplète. La défaite, sèche, n'appelait guère de commentaire de sa part.
Un début de saison prometteur, puis interrompu
Avant cet épisode, le tableau était pourtant encourageant. En début d'année, Musetti avait atteint la finale du tournoi ATP 250 de Hong Kong sur surface rapide, cédant uniquement face à Alexander Bublik. Un signal que le travail mené durant l'intersaison portait ses fruits : depuis l'hiver, José Perlas a rejoint son équipe, avec pour objectif affiché d'apporter plus d'agressivité à son jeu.
L'Italien, reconnu comme un joueur dangereux désormais sur toutes les surfaces — il l'avait démontré en atteignant les quarts de finale de l'US Open la saison passée et en participant aux Nitto ATP Finals de Turin —, cherche à franchir un palier supplémentaire dans les grandes occasions. Les observateurs soulignent qu'il n'a plus remporté de titre depuis plus de trois ans et que, face aux meilleurs joueurs du monde dans les tournois majeurs, ce manque de titre pèse.
Une ardoise lourde à porter sur terre
Le vrai enjeu du mois de mars se situe au-delà du simple tableau de Miami. L'année passée, Musetti avait réalisé une séquence de résultats particulièrement aboutis sur terre battue : finale à Monte-Carlo, demi-finales à Madrid, Rome et Roland-Garros. Des points qui arriveront très rapidement à échéance dans le classement ATP.
Pour aborder cette séquence en position de force — ou du moins limiter la casse au classement —, il lui faut accumuler des points dès maintenant. Miami, sur surface dure, s'impose comme le dernier rendez-vous avant que la terre ne reprenne ses droits. Un bon parcours ici ne compensera pas les points à défendre en avril et mai, mais permettrait au moins d'arriver dans cette période avec davantage de marge.
Miami comme test de reprise
Depuis les tribunes du Masters 1000 de Miami, on guettera dans les premières heures du tournoi un signe physique : la façon dont Musetti se déplace, l'amplitude de son coup droit sur le côté droit, sa capacité à charger les échanges sur surface dure sans se ménager. Ce sont ces détails-là qui diront si l'adducteur est vraiment derrière lui.
Le tableau de Miami n'est pas encore connu dans le détail, mais Musetti devra enchaîner les tours sur une surface qui lui est moins naturelle que la terre. Ce Miami Open sera déjà, en soi, un indicateur précieux avant Monte-Carlo, tournoi qu'il avait rejoint en finale l'an passé et dont il sera cette fois l'un des têtes de série les plus attendues.




