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Medvedev : « Je suis moins bon qu'eux, mais j'essaie »

Finaliste à Indian Wells après une victoire sur Alcaraz en demi-finale, Daniil Medvedev a livré une analyse lucide sur la hiérarchie du tennis actuel — et sur sa propre place dans cet échiquier.

Adam Hartley
17 mars 2026
4 min
Medvedev : « Je suis moins bon qu'eux, mais j'essaie »

Finaliste à Indian Wells après avoir écarté Carlos Alcaraz en demi-finale, Daniil Medvedev s'est exprimé sur la comparaison entre Sinner, Alcaraz et le Big Three. Le Russe, battu en finale par Jannik Sinner sur le score de 7-6(6), 7-6(4), a livré une lecture lucide — et sans concession sur lui-même — de la hiérarchie actuelle du tennis mondial.

Un parcours qui force le respect, une finale qui échappe

Daniil Medvedev n'avait pas ménagé ses efforts pour atteindre ce stade. Après des victoires contre Baez, Michelsen, Draper, puis Alcaraz en demi-finale (6-3, 7-6(7)), le Russe abordait la finale avec une vraie légitimité. Face à Sinner, il ne convertit aucune balle de break — son adversaire non plus — et s'inclina en deux tie-breaks serrés (voir le détail du match).

La finale résume à elle seule l'équation à laquelle Medvedev est confronté : il peut battre Alcaraz, il peut dominer les autres, mais le dernier échelon lui résiste encore. À 65% de premières balles pour Sinner contre 55% pour lui, les marges étaient minces. Fatalement, trop minces.

Big Three contre nouvelle génération : Medvedev joue les témoins

Peu de joueurs peuvent se targuer d'avoir affronté à la fois Federer, Nadal, Djokovic, Sinner et Alcaraz au plus haut niveau. Medvedev est l'un d'eux, ce qui lui confère une position unique pour comparer les ères. Il précise toutefois qu'il n'avait pas encore croisé Federer lorsqu'il était pleinement établi dans le top 10 — leurs trois rencontres eurent lieu plus tôt dans sa carrière, et se soldèrent toutes par des défaites.

« J'avais malheureusement pas encore joué Roger quand je me suis établi dans le top 10. J'étais en train de monter. Et je pense qu'il aurait été un adversaire difficile pour moi. »

Sur la comparaison entre générations, le Russe évite le piège du jugement tranché. Il souligne que chaque joueur — hier comme aujourd'hui — impose une approche tactique différente. Nadal, gaucher avec sa rotation extrême, représente un cas à part. Sinner et Alcaraz, malgré leurs points communs, exigent eux aussi des adaptations distinctes.

« Ils sont tous différents. Jouer Jannik, c'est un peu différent de jouer Carlos. Et Rafa, c'est complètement différent parce qu'il est gaucher et a ce lift de fou. »

Une lucidité désarmante sur sa propre place

Ce qui frappe dans les déclarations de Medvedev après la finale, c'est l'absence totale de faux-semblants. Il ne cherche pas à minimiser l'écart, ni à survendre sa performance. Il reconnaît que Sinner et Alcaraz accumulent moins de Grand Chelems que le Big Three pour l'instant, mais estime que l'avenir leur appartient — « si rien d'extraordinaire ne se passe ».

Sur lui-même, il est encore plus direct. Il assume d'être moins fort que les deux leaders, mais identifie clairement son rôle : les challenger quand l'occasion se présente.

« Si on regarde ma carrière, je suis moins bon qu'eux, mais j'essaie de mon mieux pour les challenger quand j'en ai l'occasion. Parfois ça marche, et c'est ce que je vais continuer à essayer de faire. »

La stratégie Medvedev : ne pas penser à eux, se concentrer sur le reste

C'est là que ça se joue, dans le choix stratégique que Medvedev a formalisé en conférence de presse. Plutôt que d'organiser tout son jeu autour de Sinner et Alcaraz, il préfère construire par la base : gagner les matches en deçà d'eux, monter en qualité de semaine en semaine, et se retrouver dans la position de les affronter à nouveau — comme ce fut le cas cette semaine à Indian Wells.

L'an passé, il avouait lui-même qu'il perdait avant de les croiser. Cette fois, il battit Alcaraz et poussa Sinner en deux tie-breaks tendus. La différence de démarche est réelle, même si le résultat final n'a pas changé.

« Mon objectif, c'est de pas trop me focaliser sur eux, mais de me concentrer sur moi-même, sur l'amélioration de mon jeu, d'essayer de battre tous les autres joueurs. »

Medvedev, actuellement classé 11e mondial, va désormais tourner son regard vers Miami, prochain Masters 1000 de la saison sur surface dure. Les points à défendre et la course au Masters de fin d'année constituent les deux paramètres qui dicteront ses choix dans les semaines à venir. Pour rester dans la course, il lui faudra enchaîner — et continuer à trouver ces semaines où « parfois, ça marche ».

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