À 19 ans, Rafael Jodar a atteint sa première demi-finale sur le circuit ATP à Marrakech, en battant successivement Dusan Lajovic, Tomas Machac et Alexandre Muller. Un parcours qui lui a également permis d'intégrer le top 80 mondial.
Trois matches, trois victoires, un cap franchi
Rafael Jodar n'a pas eu le chemin le plus simple pour atteindre le dernier carré de cet ATP 250 sur terre battue. Face à Lajovic, puis contre Machac — le match le plus disputé de sa semaine — et enfin contre Muller, qui a abandonné alors que l'Espagnol menait, le jeune droitier a dû s'adapter à des profils très différents.
C'est le quart de finale contre Tomas Machac qui illustre le mieux ce que Jodar a montré cette semaine. Deux heures de match, un score en 6-4, 4-6, 6-3, et une capacité à ne pas lâcher prise malgré un deuxième set dominé par le Tchèque.
Un deuxième set perdu, un troisième maîtrisé
Jodar avait pris le premier set 6-4, après des échanges de breaks dans le milieu de la manche, avant de conclure sur le service de l'adversaire. Machac répondit immédiatement dans le deuxième acte, prenant deux breaks consécutifs pour mener 5-1. L'Espagnol en reprit un, mais le Tchèque tint bon à 5-4 pour égaliser.
Dans le troisième set, Jodar prit le contrôle dès le quatrième jeu, s'offrant le break pour mener 4-1. Il sauva deux balles de break dans le septième jeu, servit pour le match à 5-3 et conclut sans trembler. Les chiffres soulignent l'équilibre du match : Jodar remporta treize points de plus que son adversaire, récupéra quatre fois le service adverse, et perdit le sien à trois reprises face à un Machac qui ne passa pas la barre des 50 % de premières balles.
L'héritage Nadal-Alcaraz comme carburant
Après la victoire, Jodar ne chercha pas à analyser son tennis dans le détail. Il parla d'état d'esprit, de culture, de filiation. Interrogé sur ce qui l'avait porté, il évoqua les grands noms du tennis espagnol.
« Je me suis senti bien. C'était un match vraiment dur, j'ai dû être totalement concentré dès le premier point, et je l'ai été. Tous les joueurs espagnols sont des guerriers. De Nadal à Alcaraz, tout le monde se bat. C'est dans notre ADN, alors j'ai continué à me battre grâce à eux. »
Ce qui frappe, c'est la façon dont Jodar relie son propre parcours à une tradition qui le précède. À 19 ans, invoquer Nadal et Alcaraz comme références n'est pas une posture : c'est une manière de se situer dans une lignée et d'en accepter l'exigence.
Une demi-finale et un top 80 comme point de départ
Cette semaine marocaine marque un cap objectif dans la carrière de Jodar. Entré dans le tournoi en tant que 89e mondial, il ressort avec une première demi-finale ATP et une place assurée dans le top 80 — un niveau qu'il n'avait encore jamais atteint.
En demi-finale, Jodar connaîtra son prochain adversaire à Marrakech. Le résultat de ce match déterminera s'il peut ajouter une finale ATP à une semaine déjà historique dans son jeune parcours professionnel. À ce stade de sa carrière, chaque victoire compte double : pour les points, et pour la certitude que ce niveau-là n'est pas un accident.




