À Wimbledon, Joao Fonseca a lancé son tableau principal avec une victoire en trois manches contre Roberto Bautista Agut. Dans les coulisses, le Brésilien a aussi mis des mots sur le déclic qui a redessiné sa façon de vivre le tennis : l’influence de Rafael Nadal.
Avant même de parler technique, on l’a vu dans sa manière de se tenir, concentré, les épaules légèrement en avant quand il évoquait ses modèles. Sur le gazon londonien, cette intensité s’est traduite par un contrôle immédiat : il a d’abord tenu la pression au tie-break, puis il a enchaîné avec des jeux plus fermes, sans laisser le moindre temps mort à l’adversaire.
Un premier tour maîtrisé sur le gazon
Face à Roberto Bautista Agut, Joao Fonseca a remporté le match en trois sets : 7-6(4), 6-4, 6-3. Le public des tribunes a d’abord retenu son souffle sur les échanges longs, avant de se relâcher quand la cadence du Brésilien est devenue plus régulière. À chaque changement de rythme, il a avancé d’un pas au moment de l’échange, prêt à prendre la balle plus tôt.
Le résultat a aussi une forme de continuité avec sa fenêtre récente : il avait déjà gagné des matches à Wimbledon, et dans ses cinq derniers il y avait notamment une victoire contre Novak Djokovic (4-6 4-6 6-3 7-5 7-5) et un succès face à Casper Ruud (7-5 6(8)-7 5-7 6-2). Cette semaine, il a surtout transformé la tension en exécution, set après set.
Nadal comme le point d’inflexion
En conférence, Fonseca a expliqué que son inspiration s’est progressivement déplacée. Il a parlé de Roger Federer et de Novak Djokovic, mais il a insisté sur le fait que Rafael Nadal a fini par prendre une place centrale. Selon lui, ce qui a basculé chez lui, c’est la capacité à combiner le talent et l’effort, sans jamais perdre le contact avec le terrain.
Il a raconté qu’à l’adolescence, il n’était pas entièrement dédié au tennis. Puis il a observé Nadal, et il a compris l’importance de “donner le meilleur” à chaque fois. Cette idée s’est matérialisée dans ses propos : il a expliqué qu’il fallait associer la technique à la discipline, pas choisir l’une au détriment de l’autre. Il a aussi évoqué la façon dont Nadal gardait les pieds sur terre, même quand il avait déjà tout gagné.
« J’ai vu comment le talent pouvait se combiner au travail, et j’ai compris qu’il fallait les associer. C’est ce qui m’a inspiré. »
Dans la même logique, il a rappelé l’image d’un joueur qui continue à se battre par amour du sport, même quand les titres s’accumulent. Sur le gazon, cette vision se lit dans les détails : il a frappé ses coups avec une posture stable, puis a ajusté son déplacement pour rester en ligne au moment de l’impact.
Des modèles, une discipline, un choix de calendrier
Fonseca a aussi replacé ses références dans une trajectoire plus large. Il a parlé de Federer, qu’il suivait beaucoup, et il a expliqué qu’il avait même tenté de reproduire un revers à une main enfant, avant de devoir y renoncer à cause d’une douleur au coude. Cette anecdote dit quelque chose de son rapport au jeu : apprendre, tester, corriger.
Avant Wimbledon, il avait aussi dû composer avec des contraintes physiques. Le Brésilien a retiré sa participation à Eastbourne en raison d’une gêne à l’épaule droite, avec une décision présentée comme préventive afin d’arriver prêt à Londres. Dans le même temps, il a choisi de ne pas disputer la Laver Cup afin de se consacrer aux tournois officiels du circuit ATP et de viser des points pour entrer dans le top 10.
La suite probable se dessine déjà autour du prochain tour sur le gazon. Avec son statut de tête de série n°24 et son rang actuel à la 27e place de l’ATP, Joao Fonseca devra enchaîner au tableau principal de Wimbledon pour défendre des points et consolider sa position au classement. Son adversaire du tour suivant n’a pas été précisé ici : l’important sera de garder cette même intensité dans les échanges, surtout quand la balle accélère sur l’herbe.




