Jannik Sinner impressionne autant par ses résultats que par la façon dont son coup droit fonctionne. Un coach a expliqué pourquoi cette mécanique paraît trop avancée à copier en club, même quand on veut “faire comme lui”.
Lors d’une interview, Kyle Kleyn a disséqué le geste et a insisté sur un point : la préparation du swing démarre très haut, avec une épaule relâchée, puis une rotation du poignet très présente. Dans les faits, Sinner a remporté ses cinq derniers matchs, avec des victoires contre Ruud 6-4 6-4 et Popyrin 6-2 6-0.
Épaule relâchée et poignet en mouvement
Selon Kyle Kleyn, la clé n’était pas seulement la vitesse, mais l’enchaînement. Il a expliqué que le coup droit de Sinner “se décompose” en commençant par l’épaule, avec une sensation de relâchement qui permet ensuite au reste de la chaîne de suivre. Dès que l’épaule se tend, la raquette n’arrive plus à produire cette vitesse de tête qui rend le coup dangereux.
Le coach a aussi posé une limite claire : si un joueur voulait reproduire le geste à l’identique, il ne lui demanderait pas d’arrêter, mais il travaillerait surtout le timing. Cette nuance compte, parce qu’elle parle de méthode et de marge de manœuvre, pas d’imitation brute. Sur la base de ses récents succès, on a vu un profil qui a souvent fermé les matchs rapidement : il a battu Medvedev 6-2 5-7 6-4 et Rublev 6-2 6-4.
Un “truc” biomécanique avant l’impact
Un autre spécialiste, coach Simone (head coach à Top Tennis Training), a apporté une explication plus technique. Il a décrit une position de puissance où la raquette est placée de façon à créer une accélération avec peu d’encombrement. Dans cette phase, la tête de raquette est orientée vers le côté droit du court, tandis que le bas de la raquette est tourné vers le côté gauche.
Simone a surtout insisté sur le fait que la raquette serait tournée “sur le côté” pendant cette préparation, là où beaucoup de joueurs la garderaient plutôt au-dessus du niveau de la prise. Le résultat recherché : plus d’espace pour générer un “flip” et de l’accélération juste avant l’impact, sans avoir besoin d’un grand swing étendu, ce qui colle au jeu de fond de court. Cette description a un impact direct sur l’idée de reproduction : ce n’est pas un détail décoratif, c’est une condition de vitesse.
Pourquoi copier ce coup droit ne suffit pas
Le message de Kyle Kleyn a été net : l’adaptation au niveau du joueur change tout. Il a expliqué que Sinner s’appuyait sur un solide gainage, et que cette base lui permettait de rester plus relâché pendant le mouvement. Il a aussi relié ce point à des expériences de jeunesse, évoquant la pratique du ski, comme une façon d’installer une force “du centre” pour mieux traverser le coup.
Dans son raisonnement, il y avait une phrase qui résume le fond : même si l’amateur comprend le geste, il ne pourra pas l’exécuter de manière cohérente. Kleyn a dit qu’il ne “l’enseignerait” pas à un joueur de club qui demanderait à copier le coup droit, car l’exigence de constance est trop élevée. Et quand on regarde la liste des victoires récentes de Sinner — Ruud, Medvedev, Rublev, Pellegrino 6-2 6-3, Popyrin 6-2 6-0 — on comprend que son coup droit s’inscrivait dans un cadre où l’exécution a été au rendez-vous.
« Il y a beaucoup de mouvements du poignet dans le coup droit de Sinner. Si vous décomposez son swing, il démarre à l’épaule : il est très relâché à ce niveau, et c’est clé. »
La suite pour Sinner reste à suivre, alors que son niveau actuel confirme la solidité de son jeu et l’efficacité de son coup droit.




