À Indian Wells, Chris Eubanks a pris position sur deux des sujets qui animent le circuit en ce début de saison : la popularité d'Alex Eala face à celle de Joao Fonseca, et les zones de progression du Brésilien de 19 ans, battu en huitièmes de finale sur le score de 7-6(8) 7-6(7).
Eala devant Fonseca dans le cœur du public
La question peut paraître anecdotique. Elle dit pourtant quelque chose sur la place que ces deux joueurs occupent dans l'imaginaire tennistique mondial. Interpellé sur le sujet, Eubanks n'a pas tergiversé.
« Je dirais Alex. Je pense qu'Alex l'emporte sur lui en ce moment, mais on verra en fin de tournoi. »
La Philippine a effectivement suscité un intérêt considérable ces derniers mois, au-delà des cercles habituels du tennis. Pour Eubanks, cet engouement est réel et, pour l'instant, supérieur à celui que génère Fonseca malgré le statut du Brésilien sur le circuit ATP.
Ce que Eubanks voit dans le jeu de Fonseca
Sur Fonseca, Eubanks a été plus développé — et plus technique. Il reconnaît le talent, mais pointe une fragilité défensive que le jeune joueur devra corriger avec le temps. Son analyse porte notamment sur les situations de déséquilibre : lorsqu'il est étiré, Fonseca tend à chercher le coup gagnant plutôt que de remettre la balle en jeu en hauteur et avec de l'effet.
« La défense va être un point à travailler. Il joue tellement offensif, et il le fait très bien. Mais quand il est étiré et à moitié en équilibre, il essaie de flinguer la balle — parfois ça marche, mais j'aimerais le voir un peu plus à l'aise en défense. »
Eubanks mentionne également le travail en cours sur la montée au filet comme un axe de progression logique. Il tempère son analyse par l'âge du joueur : à 19 ans, les marges de progression sont larges, et les équipes travaillent généralement sur le long terme.
Un huitième de finale qui illustre le propos
Le match du 11 mars contre son adversaire du jour en dit long sur les forces et les limites actuelles de Joao Fonseca. Le Brésilien (actuellement 38e mondial) a lâché 15 aces — signe d'un potentiel offensif réel — mais n'a converti qu'1 % de ses balles de break, sur une première balle de service à 59 %. Voir le détail du match. Les deux tie-breaks perdus (8-6 et 7-7) résument bien un match où l'écart fut minimal mais fatal.
C'est là que ça se joue, précisément : dans ces moments de tension extrême, la capacité à défendre un point difficile ou à construire un échange sans risque devient déterminante. Eubanks l'a formulé différemment, mais c'est le même constat.
La saison qui attend Fonseca
Le calendrier ne pardonne pas. Avant Indian Wells, Fonseca avait notamment battu Tommy Paul (6-2, 6-3) puis perdu contre Jannik Sinner en deux tie-breaks (7-6, 7-6). Des confrontations de haut niveau qui montrent où il en est : capable de battre les meilleurs dans leurs mauvais jours, mais pas encore d'imposer sa loi sur la durée d'un tableau.
La question qui se pose maintenant : comment Fonseca et son équipe vont-ils gérer la suite de la saison sur surface dure, avant la transition sur terre battue ? Avec un classement à défendre et une cote d'espoir qui appelle des résultats, chaque tournoi devient un test. Eubanks, lui, pense que les réponses viendront — mais avec le temps.




