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Amende de Moutet au Queen's : Broady juge la sanction absurde

Corentin Moutet a été sanctionné pour ses propos après sa victoire au Queen's. Liam Broady juge l'amende totalement déconnectée de la réalité du circuit.

Lena Kovac
22 juin 2026
2 min

Corentin Moutet a écopé d'une lourde amende pour ses propos tenus lors d'une interview sur le court au Queen's, et le Britannique Liam Broady estime que la sanction est totalement déconnectée de la réalité du circuit.

Une interview qui dérape sur le gazon londonien

Tout est parti d'un premier tour remporté par Corentin Moutet face au gros serveur Giovanni Mpetshi Perricard, 84e mondial, sur le score accroché de 6-7 (5), 6-4, 7-6 (5). Sur gazon, neutraliser un tel service relève de l'exploit, et le Français de 27 ans n'a dû son salut qu'à sa solidité dans les deux jeux décisifs. Interrogé juste après sur la manière de gérer cette artillerie, Moutet a multiplié les grossièretés en plein entretien. Le présentateur lui a demandé à deux reprises de rester correct ; le 36e mondial a répété ses écarts de langage, jusqu'à ce que l'interview soit écourtée. La séquence a immédiatement fait le tour des réseaux sociaux.

Liam Broady prend la défense de son confrère

Liam Broady n'a pas tardé à réagir. Le Britannique a tourné en dérision l'amende infligée à Moutet, jugeant la décision en complet décalage avec le quotidien des joueurs et l'ambiance recherchée par les tournois.

« C'est tellement déconnecté »

L'argument de Broady est simple : les organisateurs réclament de la spontanéité et des personnalités fortes pour vendre le spectacle, puis sanctionnent ceux qui en offrent. Une contradiction que de nombreux joueurs pointent du doigt depuis plusieurs saisons, à mesure que les caméras et les micros se rapprochent des courts.

Moutet, un trublion qui assume

Le profil de Moutet n'est pas étranger à l'emballement. Ancien 30e mondial, le gaucher parisien cultive une réputation de joueur imprévisible, capable du meilleur comme de coups d'éclat verbaux. À 27 ans, il reste l'un des rares membres du top 40 à revendiquer une part d'imperfection assumée, là où le circuit lisse de plus en plus ses communicants. Cette victoire au Queen's, dans un tableau relevé, rappelle aussi que son tennis de toucher s'adapte au gazon, surface réputée hostile à son style. La sanction risque surtout de renforcer son image de rebelle, à quelques jours d'un Wimbledon où les regards seront braqués sur les Français.

Le débat des amendes relancé

Au-delà du cas Moutet, l'épisode ravive une question récurrente : où placer le curseur entre tenue exemplaire et liberté de ton ? Les barèmes de pénalités, souvent jugés opaques, frappent indifféremment un geste d'humeur et un dérapage répété. Pour une partie du vestiaire, ces amendes pèsent peu sur les cadors mais touchent durement les joueurs moins bien classés, dont les revenus restent fragiles. La sortie de Broady donne une voix publique à un agacement diffus. Reste à savoir si l'instance dirigeante entendra le message, alors que la saison sur gazon bat son plein et que chaque controverse trouve un écho amplifié à l'approche du troisième Grand Chelem de l'année.

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