Carlos Alcaraz a balayé Grigor Dimitrov 6-2, 6-3 au deuxième tour d'Indian Wells, ce dimanche 8 mars. Mais c'est en conférence de presse que l'Espagnol a livré l'un de ses messages les plus significatifs de la semaine : il ne compte pas solliciter l'ATP sur la règle du shot clock. Non par indifférence, mais par calcul.
Un silence assumé, pas une capitulation
Carlos Alcaraz s'était déjà exprimé publiquement sur le sujet lors du Qatar Open, après avoir reçu un avertissement pour violation de temps dans son match face à Khachanov. À l'époque, il avait clairement plaidé pour plus de flexibilité dans l'application de la règle, estimant que les circonstances propres à chaque point devaient être prises en compte.
À Indian Wells, interrogé sur un éventuel échange avec les officiels de l'ATP, le numéro 1 mondial a confirmé qu'aucune discussion n'avait encore eu lieu — ni à son initiative, ni à celle de la fédération. La raison qu'il avance est directe.
« Je ne veux pas perdre mon temps, honnêtement. Il y a eu d'autres situations où tu vas te plaindre ou donner ton opinion, et ensuite rien ne change. Ils connaissent déjà mon opinion. Voyons s'ils vont changer les choses ou non, mais je veux vraiment me concentrer sur autre chose. »
C'est là que ça se joue : Alcaraz ne renonce pas à sa position, il choisit de ne pas l'épuiser dans une bataille qu'il juge, pour l'instant, perdue d'avance.
La règle des 25 secondes en question
Le shot clock impose au serveur un maximum de 25 secondes entre deux points. Une règle uniforme, appliquée de manière identique quelle que soit la situation de jeu. C'est précisément là que le bât blesse pour l'Espagnol.
Alcaraz a également pointé du doigt des disparités entre arbitres de chaise. Il distingue la majorité des officiels d'un ou deux juges qui, selon lui, sont à l'origine de tensions répétées dans un grand nombre de matchs. Sa demande n'est pas d'abolir la règle, mais d'en adapter l'application selon le contexte — ce qui suppose une forme de discernement que certains arbitres n'exerceraient pas.
Du côté de l'ATP, la posture est traditionnellement réservée face aux demandes de modification du règlement. Les évolutions existent, mais elles prennent du temps. Alcaraz, lui, a visiblement décidé d'arrêter d'attendre une réponse qui ne vient pas.
Sur le court, une maîtrise sans ambiguïté
Le match contre Dimitrov n'a laissé guère de place au doute. Un score de 6-2, 6-3 qui reflète une domination nette dans le rapport de force. Avec 60 % de premières balles rentées et zéro balle de break convertie par l'adversaire sur l'ensemble du match, Alcaraz n'a pas laissé d'espace à son opposant.
Dimitrov, de son côté, a affiché 71 % de réussite sur première balle, un chiffre honorable, mais n'a converti que 3 % de ses balles de break. Sur hard court à Indian Wells, c'est insuffisant face au niveau de jeu affiché ce jour-là.
Le choix stratégique d'Alcaraz est lisible : conserver son énergie mentale pour ce qui se passe sur le terrain, et ne pas disperser son attention dans des polémiques extérieures. Pour un joueur qui enchaîne les matchs à ce niveau du tableau, la gestion de la concentration n'est pas anecdotique.
La suite : un tableau qui s'ouvre
Alcaraz poursuit sa route à Indian Wells, où il devra confirmer au troisième tour. Le calendrier de mars est chargé et chaque match avalé sur dur représente un investissement physique à gérer dans la durée. La question du shot clock, elle, restera en suspens — l'ATP n'ayant, pour l'heure, montré aucun signe d'ouverture sur le dossier. Alcaraz a choisi son camp : le terrain d'abord, les débats institutionnels ensuite, si tant est qu'ils aboutissent un jour.




