Jannik Sinner s'est qualifié pour la finale du Miami Open en dominant Alexander Zverev 6-3, 7-6(7) le 27 mars 2026. Il y affrontera Jiri Lehecka avec, en toile de fond, un débat qui anime le circuit : l'Italien joue-t-il vraiment comme un robot ?
15 aces et zéro double faute : le service d'un finaliste
Face à Sinner, Zverev n'a converti aucune des balles de break qu'il a obtenues. L'Italien, lui, a affiché 74 % de premières balles et frappé 15 aces sans concéder le moindre double faute. Voir le détail du match. Un rendement sur premier service qui a nettement pesé dans l'équilibre du match.
Le second set, soldé au tie-break (7 points à 7), illustre la résistance de Zverev. Mais Sinner n'a jamais cédé l'avantage au moment décisif. Ce type de régularité dans les moments sous tension est précisément ce que ses détracteurs qualifient de mécanique — et ce que ses défenseurs considèrent comme une force mentale rare.
Fonseca, Rusedski et la question du robot
C'est Joao Fonseca qui avait ouvert le débat en affirmant que Sinner jouait comme un robot. Le Brésilien de 19 ans, qui a lui-même affronté le numéro 2 mondial et s'est incliné 7-6(8), 7-6(7), connaît le jeu de l'Italien de près. Sa formule a depuis circulé dans les médias spécialisés.
Greg Rusedski a tenu à y répondre publiquement sur son émission Off Court with Greg. L'ancien joueur britannique n'adhère pas à cette lecture.
« On dit qu'il est un peu ennuyeux, un peu robotique. Je ne vois pas ça. Je le regarde, il développe continuellement son jeu. Il a ajouté le amorti. Il est prêt à monter au filet. Il devient un meilleur joueur. Pour moi, Sinner est magnifique et une bonne chose pour ce sport. »
Rusedski pointe la progression comme argument central : un joueur figé dans ses automatismes ne ferait pas évoluer son arsenal. Le fait que Sinner intègre de nouveaux gestes — amorti, approche au filet — contredit, selon lui, la thèse d'une mécanique répétitive.
La comparaison Djokovic : entre hommage et précaution
Rusedski va plus loin dans son analyse et convoque une référence lourde. Il voit dans Sinner un héritage direct du jeu de Novak Djokovic — tout en prenant soin de cadrer la comparaison.
« Je l'appelle Novak Djokovic 2.0. Il fait tout ce que Novak fait, mais avec un peu plus de puissance en ce moment. Mais il est aussi bien plus jeune, ce qui lui facilite les choses. »
Cette mise en perspective ne prétend pas effacer ce que Djokovic a accompli. Rusedski le précise lui-même : il est trop tôt pour placer Sinner au même niveau palmares en main. Ce qu'il décrit, c'est une méthode, une philosophie de jeu et une rigueur physique similaires — diet, flexibilité, gestion du poids — plus qu'un bilan comparable.
Un mental éprouvé, un titre à portée
L'aspect qui retient le plus l'attention de Rusedski n'est pas technique, mais mental. Il rappelle que Sinner a traversé une période sous la pression d'une affaire de dopage — avec à la clé une suspension de trois mois — sans que cela ne semble altérer sa concentration sur le terrain.
En finale, l'Italien affrontera Jiri Lehecka. S'il s'impose, il deviendrait le huitième joueur de l'histoire à réussir le Sunshine Double — titre à Indian Wells et à Miami lors du même swing. Un objectif concret, mesurable, que le calendrier et ses résultats à Miami rendent désormais accessible.




