Retraité depuis 2024, Diego Schwartzman n'a pas perdu son franc-parler. Dans une interview accordée au média CLAY, l'Argentin a livré une critique sévère du calendrier ATP, qu'il juge mal structuré et incompréhensible, appelant à une refonte en profondeur.
Un calendrier illisible, selon l'ancien top 8
Diego Schwartzman, qui a évolué sur le circuit professionnel de 2010 à 2024, ne mâche pas ses mots sur l'organisation actuelle du circuit masculin. Pour lui, la hiérarchie des tournois manque de clarté et les téléspectateurs eux-mêmes s'y perdent.
Le constat qu'il dresse est direct :
« Je pense que le calendrier doit être restructuré pour devenir plus court, avec moins de tournois, en donnant la priorité aux Masters 1000 et aux Grands Chelems, puis aux 500 et aux 250. Ça ferait sens, pour que le calendrier soit mieux organisé, parce qu'en ce moment c'est un peu un bazar. »
Il ajoute que même les spectateurs qui suivent le tennis à la télévision ne savent plus quel tournoi ils regardent, ni combien de points il rapporte. Un problème de lisibilité qui, selon lui, nuit à l'image du sport.
Des transformations récentes qui interrogent
Ces dernières années, le circuit ATP a effectivement connu plusieurs évolutions structurelles. Plusieurs tournois Masters 1000 sont passés à un format sur deux semaines — seuls Monte-Carlo et Paris restent sur une semaine dans cette catégorie. Dans le même temps, des ATP 250 ont disparu du calendrier : Metz, Newport, Cordoue, Lyon, Atlanta et Estoril ne figurent plus au programme. Et pour les deux prochaines années, de nouveaux tournois de la catégorie 250 sont amenés à être supprimés.
C'est précisément cette logique que Schwartzman remet en question. Allonger certains tournois tout en réduisant le nombre d'événements ne lui semble pas constituer une réponse cohérente. Il estime que la décision d'étendre les Masters à deux semaines n'était pas la bonne.
Une critique qui s'inscrit dans un débat plus large
Schwartzman n'est pas une voix isolée. De nombreux joueurs et joueuses du circuit ont exprimé des réserves sur la densité du calendrier et la fatigue qu'elle engendre. La question des tournois obligatoires revient régulièrement dans les discussions, certains joueurs estimant que les contraintes de participation sont trop lourdes.
Du côté de la direction de l'ATP, le président Andrea Gaudenzi a répondu à ces critiques avec une certaine froideur, rappelant que les joueurs ont le choix de décider quand ils participent. Une position qui n'a visiblement pas convaincu tout le monde.
Ce qui frappe, c'est que ces critiques viennent désormais aussi d'anciens joueurs, qui peuvent parler sans crainte de représailles institutionnelles. Schwartzman, libéré des contraintes du circuit, s'exprime avec une liberté que peu de joueurs actifs se permettent.
Une reconversion dans l'administration du tennis
Depuis sa retraite, l'Argentin a rejoint Tennis Australia, l'organisation qui chapeaute notamment l'Open d'Australie. Un choix qui indique une volonté de rester impliqué dans le développement du tennis, cette fois depuis les coulisses. Sa connaissance du circuit de l'intérieur pourrait lui permettre de peser, à terme, sur les débats qu'il soulève aujourd'hui depuis l'extérieur. Les réformes du calendrier qu'il appelle de ses vœux, si elles voient le jour, s'étaleront sur plusieurs années — et il sera peut-être aux premières loges pour en observer, ou en accompagner, la mise en œuvre.


